27 janvier 2010 11h18 · Jean Turcotte
À propos l'article Voir Nine
Cette comédie musicale est devenue un film. Un film sur un film, pourrait-on dire. Il nous ramène au célèbre Huit et demi de Federico Fellini. Toute l'histoire s'y retrouve: Guido, réalisateur italien de génie, est littéralement poursuivi par son producteur et toute la guilde cinématographique afin qu'il se lance et crée un prochain film. Lui, il est fatigué, blasé et beaucoup en perte d'inspiration. Il quitte Rome, se réfugie dans un hôtel sur le bord de la mer. On le pourchasse alors qu'il sombre dans ses souvenirs, quitte le milieu du cinéma pour mieux se remettre en question et revient, vivifié par une imagination qui tourne autour des femmes qui ont fait de lui qui il est alors que lui les a tant fait souffrir, pour reprendre le collier.
C'est l'autobiographie de Fellini et aussi, ce spectacle de Broadway, les deux réunis dans ce film qui a pour titre Neuf (Nine) soit pour dire «nouveau» ou encore le nombre suivant 8 1/2. Un hommage à l'Italie et aux femmes italiennes que Fellini nous a si bien montrées, décrites ou peintes et que lui a tant et tant aimées. Et c'est tout simplement magnifique; nous passons de Sophia Loren (la mère) à Pénélope Cruz (la maîtresse), de Nicole Kidman (la muse) à Manon Cotillard (l'épouse), sans oublier Fergie Ferguson (la prostituée) et Judy Dench (la créatrice de costumes) qui y vont de tout leur charme pour en arriver à la prestation de Daniel Day-Lewis en un Guido tout à fait remarquable.
Les chansons offertes – les sous-titres français sont à toute fin utile peu nécessaires – nous permettent de mieux comprendre le succès de cette comédie musicale. Les décors gigantesques et les petits clins d'oeil au film de Fellini sont dignes du cinéma italien à l'époque où les grands réalisteurs du cinéma étaient justement des Italiens.
À voir, et à entendre.