Dans «precious» il y a le mot «prix».

9 décembre 2009 10h22 · Jean Turcotte

À propos l'article Voir Precious: Based on the Novel Push by Sapphire

Elle - je parle de Clairecee «Precious» Jones, cette jeune fille de 16 ans vivant à Harlem en 1987 – elle n'a vraiment rien pour elle: obèse chronique, sa mère l'oblige à sur-manger depuis son tout jeune âge; abusée physiquement, sa mère la frappe, lui lance des objets; abusée sexuellement, son père l'a violée et elle est enceinte d'un deuxième enfant (la première est trisomique); abusée psychologiquement, sa mère la traite comme une moins que rien la réduisant à l'état d'esclave dans la maison.

Elle – Precious est le surnom que lui a donné sa mère alors qu'elle était toute jeune – elle ne réussit pas à l'école, sa mère frappant continuellement sur le clou qu'aller à l'école c'est s'empêcher de recevoir le chèque de l'aide sociale. On la remercie alors qu'on apprend sa deuxième grossesse et l'invite à s'inscrire dans une école alternative «Each One/Teach One». C'est là, en fait c'est ici que la couleur commence tout doucement à chasser le gris et le noir de sa vie. Une enseignante dévouée et un groupe de jeunes filles qui, elles aussi, ont leur lot de problèmes se mettront à écrire, à s'écrire Tous les jours dans leur petit cahier. À dire. Se dire.

Elle – Precious Jones, celle qui sortira tout doucement de ses rêves illusoires (devenir belle, reconnue, adulée…) – confrontera sa véritable situation, la regardera en face même si cela n'est pas joli, constatera que l'amour, ce vers quoi elle tend de toutes ses fibres et depuis toujours, l'amour n'aura rien fait pour elle, ne lui aura apporté que malheur et souffrances. Et, par la force de vouloir apprendre, de savoir tout doucement qu'elle peut apprendre… elle apprendra à ne pas transmettre à ses enfants ce qu'elle a reçu mais plutôt de vouloir, avec eux, apprendre ce qu'elle n'a  jamais reçu.

Elle – la nouvelle Precious – sera la preuve que l'éducation est la véritable clef, celle qui ouvre l'avenir en expliquant le présent et exorcisant le passé.

Le film risquait de tomber dans le misérabilisme dû au fait que toutes les horreurs du monde se liguaient contre Precious. Faiblarde et soumise au début, puis, pas à pas, bien soutenue, accompagnée et aimée, elle réussira à marcher vers le nouveau sens qu'elle insuffle à sa vie: continuer d'apprendre et permettre la même chose à ses deux enfants.

Dans «precious» il y a le mot «prix»; comme elle l'a payé pour trouver sa dignité et la fierté.

 

 

 

 

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