6 janvier 2012 11h50 · Jean-Serge Baribeau

Le 2012-01-01 à 15:50, jean-serge baribeau a écrit :

La SRC et l’humour qui rapetisse la beauté et l’intelligence

Lorsque je «regarde» ou entrevois les messages de la SRC, lesquels messages annoncent la nouvelle saison télévisuelle pour l’hiver 2012, je ne cesse de me dire que la SRC, la Société Radio-Canada devrait s’appeler bientôt la Société (de la) Rigolade Continuelle.   Et s’il n’en tenait qu’à moi,  je nommerais Stéphan Bureau président de la programmation, sinon président de la SRC, enfin renouvelée et «modernisée» selon l’air du temps.

Dans une entrevue récente, Bureau déclarait qu’il n’y a pas assez d’humour à la télévision.  Les bulletins de nouvelles sont trop sérieux et l’humour, pourtant omniprésent selon certains «agélastes» (?), devrait emmitoufler et enrober la totalité de la programmation de la SRC.  Quand j’entends l’ancien lecteur de nouvelles, alors très sérieux, se livrer à une promotion inconditionnelle de l’humour, je me dis que nul ne tient compte des nombreux Québécois, minoritaires ou majoritaires (je ne le sais pas), qui trouvent que  notre société est de plus en plus caractérisée par de «trop nombreux» humoristes et par un trop-plein de vide.  Une fois président, Stéphan Bureau pourrait fixer des quotas de «jokes» et baisser les salaires des «incompétents» ou «incompétentes»,

Je tiens à souligner que je ne suis pas agélaste comme l’homme de fer (Staline) ou comme la dame de fer (Thatcher) mais je considère, pense et hurle que l’humour débile et omniprésent me donne l’impression de rapetisser et de vivre dans une société (y a-t-il encore une société?) anémiée, désenchantée (je tiens mordicus à ce concept) et rapetissée.

Je souligne, en passant, que le mot agélaste a été inventée par François Rabelais pour désigner les personnes qui ne rient à peu près jamais et qui n’ont aucun sens de l’humour.  Les Québécois «dissidents» face à l’humour prédominant ne sont pas des agélastes mais des personnes «cultivées» et précieuses qui ne rient pas à gorge déployée pour approuver la moindre galéjade ou tentative d’humour.  Dans ses notes personnelles datant de 1979, Yvon Deschamps a écrit: «Ne pas oublier d’être drôle le plus souvent possible».  Eh oui!

Je pense, avec une fougue inconditionnelle et féroce, que l’humour infantile et infantilisant est la maladie sénile de très nombreux Québécois.

Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias

Classé dans :  Non classé

Ajouter un commentaire

Requis
Requis (ne sera pas publié)
Optionnel

Branchez-vous

Pour vous connecter veuillez d'abord vous identifier. Vous pouvez aussi créer un compte.

Catégories