3 septembre 2011 9h10 · Jean-Serge Baribeau
Jean-Serge Baribeau, sociologue – Montréal, le 1er septembre 2011
3 septembre 2011
manque de vocabulaire. Et je serais porté à lui donner raison.
Le hockey, comme tous les sports, a son vocabulaire, son alphabet,
sa manière, sa marque et ses rites. Le vocabulaire du hockey, c'est la
vitesse, la ruse, la subtilité, la capacité de se faufiler malgré les
adversaires qui aimeraient bien vous reprendre la rondelle. C'est aussi
la capacité de faire une passe astucieuse au bon moment. C'est aussi une
certaine rudesse, ce qui ne signifie pas une rudesse certaine,
obligatoire et de toutes les minutes.
Le vocabulaire du hockey a de plus en plus changé, ce qui m'a éloigné de
ce sport que j'ai longtemps «vénéré», moi qui viens d'avoir 68 ans. La
rudesse prend trop d'importance, et la présence forcée de matamores et
de fiers-à-bras diminue la subtilité de ce sport basé sur la capacité de
déjouer brillamment les adversaires.
Certains joueurs paient de leur vie, semble-t-il, le fait qu'ils aient
été amenés à jouer le rôle de brutales, costaudes et violentes
«majuscules» dans le «nouvel» alphabet du hockey, dans le nouveau
vocabulaire de ce sport qui peut être source de plaisir et de
réjouissance.
Une sérieuse réflexion s'impose. Si je veux de la boxe, je vais à un match de boxe. C'est clair!
Jean-Serge Baribeau, sociologue – Montréal, le 1er septembre 2011