Le 28 août: le jour «sacré» du I HAVE A DREAM

27 août 2011 9h16 · Jean-Serge Baribeau

Jack Layton a laissé, deux jours avant son triste et «absurde» décès, un testament moral et intellectuel qui m'a touché en profondeur et qui a bouleversé de nombreux citoyens québécois et canadiens.

Puisque d'héritage moral et intellectuel il est question, je me dois de dire que l'ultime lettre (une authentique profession de «foi») de Jack Layton m'a, à de nombreux égards, rappelé le I HAVE A DREAM de Martin Luther King, ce qui m'a profusément ému et remué. 

Ce qui fait éventuellement que j'ai été plus ému qu'en d'autres circonstances, c'est que le 28 août 1963, j'étais présent à Washington lorsque King a prononcé son historique discours devant quelques centaines de milliers de personnes (les chiffres varient selon les estimations). Le dimanche 28 août 2011, ce sera le quarante-huitième anniversaire de cette marche sur Washington et chaque fois que j'y pense j'essuie une larme furtive et plus ou moins dissimulée.

J'aimerais présenter ici un court extrait du discours de Martin Luther King:  «Mais il y a une chose que je dois dire à mon peuple, qui est sur le point de franchir le seuil de la Justice. Luttant pour prendre notre juste place, nous ne devrons pas nous rendre coupables d'actes injustes. Ne buvons pas à la coupe de l'amertume et de la haine pour assouvir notre soif.» Je pense que la pensée profonde Jack Layton est au diapason de celle de Monsieur King.

En lisant le «testament» de Layton j'ai aussi pensé à Nelson Mandela et à l'un de ses discours historiques, prononcé à Pretoria, le 10 mai 1994 (je fais remarquer que cette fois je n'étais pas là):  «Nous avons réussi à implanter l'espoir dans le coeur de millions de personnes de notre peuple.  Nous nous engageons à bâtir une société dans laquelle tous les Africains du Sud, qu'ils soient blancs ou noirs, pourront se tenir debout et marcher sans crainte, sûrs de leur droit inaliénable, à la dignité humaine– une nation arc-en-ciel, en paix avec elle-même et avec le monde.»

Je pense, avec une certaine candeur, qu'il y a des personnages qui sont des «libérateurs» et des «véhicules» de l'espoir et de l'optimisme (pas nécessairement béat). Ce qui ne signifie pas que le monde est immédiatement changé comme par un coup de baguette magique.

Je suis certain que Layton, King, Mandela et bien d'autres personnages historiques ne seront jamais oubliés.  Lorsque l'univers politique et politicien tend vers un profond désenchantement, nous avons besoin de «flûtistes» de l'espoir qui contribuent à «ré-enchanter» le monde!

Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias

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