28 février 2010 11h40 · Jean-Serge Baribeau
Monsieur Perrier a profondément raison lorsqu'il affirme que TOUS sortiront perdants dans le cadre d'une «dégradation» du système scolaire.
Je prétends toutefois qu'il y a là une sorte de logique structurelle et institutionnelle qui fait que les dominants et les «nantis» ne réalisent pas toujours qu'ils vont perdre eux aussi (moins que les «défavorisés») si l'école se ratatine et ratatine les jeunes.
En fait de nombreux «employeurs» (gros et petits) ont peur d'embaucher des jeunes qui sont bien armés en ce qui concerne le sens critique et les nombreuses connaissances acquises. On fait un très mauvais calcul en favorisant LES COMPÉTENCES plutôt que LES CONNAISSANCES. Mais le problème avec la culture et le sens critique, c'est que cela ne permet pas d'embaucher des employés soumis et dociles, ce qui est le rêve de nombreux employeurs, pas nécessairement majoritaires.
Il importe de noter aussi que de nombreux employeurs ont réalisé que des employés cultivés et critiques peuvent apporter beaucoup à leur entreprise. Ce sont des employés souvent plus innovateurs et plus dynamiques.
Il y a, dans tout cela, une profonde contradiction structurelle et institutionnelle qui fait en sorte que le débat sur l'école est d'une infinie complexité.
Mais la logique actuelle est celle du rapetissement. Nous devrons tous en payer le prix, lequel, n'en doutons pas, sera très élevé.
JSB