Caroline Fourest: des idées stimulantes et discutables!

5 février 2010 14h46 · Jean-Serge Baribeau

J'ai souvent lu des textes «commis» par Mme Fourest, textes qui ont paru dans la revue CHARLIE-HEBDO (avant la grande scission qui a ébranlé ce magazine irrévérencieux).  J'ai lu un de ses livres LA TENTATION OBSCURANTISTE.  

 En général, je suis d'accord à au moins 75% avec ses idées, ce qui est très bien.  

Si j'ai bien compris ce qu'elle dit concernant le Québec et le Canada, je dirais que je suis d'accord avec elle et j'ajouterais que les résultats de la commission Bouchard-Taylor ont été marqués au sceau d'un «VERTUISME» intolérable et toxique.  Les commissaires et leurs collègues avaient tellement peur de n'être pas conformes à une certaine correctitude qu'ils y sont allés avec le dos de la cuillère.  Conséquence de cette prudence:  un rapport timoré et idéologiquement «correct»;  aussi, un rapport dans lequel on blâme, de mille manières plus ou moins subtiles, la majorité (concept flou); un rapport dans lequel on ferme les yeux face à la montée de certains intégrismes toxiques qui menacent, dans une certaine mesure, la plupart des sociétés occidentales.

 

Je pense que les deux commissaires étaient bien intentionnés mais ils ont culpabilisé les Québécois dits «pure laine» de même que des Québécois venant de divers horizons.  Parmi ces Québécois de divers horizons, certains sont ici depuis longtemps.  Aussi, ils n'ont pas tenu compte de certaines personnes (surtout des femmes) «immigrées» qui expliquaient leur satisfaction de vivre dans une société dans laquelle elles se sentent libres et en sécurité.

 Les deux commissaires sont des intellectuels de grande envergure mais ils n'ont pas su «gérer» cet «exercice de démocratie participative».  

Les remarques de Caroline Fourest sont donc assez visionnaires.  J'ose espérer que l'on va finir par «déculpabiliser» des millions de Québécois qui, pour la plupart, ne sont radicalement pas racistes.  Par ailleurs, un certain ETHNOCENTRISME (voir les autres à travers le prisme de sa culture) n'est pas nécessairement dangereux s'il reste dans les limites d'une certaine «normalité anthropologique».

Bravo donc aux «vérités» énoncées par Caroline Fourest.

 

Jean-Serge Baribeau, sociologue des médias et de la québécitude

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