9 mai 2011 9h32 · Gilles Roberge
À propos l'article Voir Alfa Rococo
Convergeant vers cet édifice construit vers 1913, les rayons solaires annoncent une soirée chaude et mouvementée dans l’ancien cinéma Dominium qui devint par la suite le Théâtre des variétés fondé par Gilles Latulippe en 1967. Alfa Rococo se prépare donc à tonifier les spectateurs venus les écouter en plein cœur du Plateau Mont-Royal. En première partie, nous découvrons Cécile Hercule et son groupe qui livrent une performance franchement sympathique avec des textes bien ficelés et des mélodies à consonances européennes. Une fébrilité palpable s’installe dans cette petite salle qui s’apprête à accueillir ce duo qui prend de plus en plus sa place sur la scène musicale. Saviez-vous que l’alfa est une plante herbacée d’Afrique du Nord dont les feuilles servent de matière première à la fabrication de la sparterie et de certains papiers? Quant au rococo, on parle bien sûr du style en vogue à la fin du XVIIIe siècle. D’ailleurs, Victor Hugo disait que le rococo n’est supportable qu’à la condition d’être extravagant. Avec une énergie rayonnante et communicative, le duo composé de Justine Laberge et David Bussières commence le spectacle en lion et livre une performance débordante de rythmes accrocheurs. Ils conservent cette cadence tout au long de la soirée et animent joyeusement le cabaret La Tulipe. Je ne les connaissais pas beaucoup, mais ce fut véritablement une découverte de haut calibre. Infatigable, l’énergique collectif nous a bombardés du début à la fin avec une passion qu’il fait bon recevoir. Ainsi Alfa Rococo a le vent dans les voiles et sillonne les ondes en créant de jolis embruns auditifs.