1 mars 2011 13h04 · Gilles Roberge
À propos l'article Voir Songs
Trois femmes, trois talents et trois contrastes se rencontrent sobrement dans cette petite salle feutrée qu’est l’Agora de la danse. Quand une voix s’emballe, que des doigts déclenchent une cascade sonique et qu’un corps s’anime, tous les éléments du spectacle ¨Songs¨ se mettent en place et s’entrechoquent telles les plaques tectoniques forgeant un paysage entre l’orient et l’occident. Une série de trois tubes horizontaux se répétant trois fois orne le fond de la scène créant une linéarité brisée et par le fait même, le seul élément décoratif. Ceux-ci émettent un rayonnement lumineux pseudo-aléatoire appuyant les états d’âme véhiculés entre ces trois femmes. Articulé autour du Yi Jing, sorte de bible du mouvement fondamental, on peut y percevoir les principes mêmes du yin et du yang avec ses forces opposées qui ne peuvent exister l’une sans l’autre donc par complémentarité révélée. Bien ficelé, ce spectacle demeure toutefois difficile à pénétrer. Le chant lyrique interprété par Nadine Gabard explore différents registres et offre à un certain moment un gazouillis de rire chanté qui vient adoucir les tensions exprimées. Supercontinent il y a environ 360 millions d’années, la Pangée s’est en quelque sorte fractionnée sous l’action dynamique de la croûte terrestre et a façonné notre planète avec ses différents continents qui sont aujourd'hui, ne l’oublions pas, toujours en mouvement. Il n’y a rien en effet qui ne soit plus essentiel dans l’univers que l’éternelle fluctuation. La seule chose qui soit durable, c’est quand tout change constamment. Ainsi le spectacle¨ Songs ¨dérange et confirme que le changement est un repère fixe et que le rythme accentue l’évolution entre les différentes cultures et les différents états humains.