11 février 2010 13h59 · Gilles Roberge
À propos l'article Voir Dernier pour la route (Le)
Un couple se sépare pour quelque temps, enfin elle respire mieux, peut dormir sur ses deux oreilles et arrête d`avoir peur. De son côté, lui part et entame un processus de changement puisque l`alcool détruit sa vie et ses relations avec ses proches. Le rythme lent du scénario nous entraîne dans une thérapie de groupe où chacun des participants a connu les déboires à trop boire. Ce film vacille entre une réalité infernale et la volonté de vouloir s`en sortir en nous présentant des patients vivants quelques semaines dans un encadrement serin et paisible. Une sorte de forfait tout inclus où l`alcool peut malgré la surveillance des responsables entrer et poursuivre son œuvre de destruction. On ne sent pas ou presque pas le dur combat qu`ont à vivre les patients afin de se libérer des griffes de Bacchus. Les magnifiques images de ce territoire français font plutôt rêver et camouflent en quelque sorte le véritable combat que ces gens devraient vivre. La jeune actrice Mélanie Thierry perce l`écran à travers son insouciance et incarne la tentation et l`échec. Somme toute, ce film fait réfléchir sur la valorisation que l`on fait aujourd`hui sur la surconsommation d`alcool. Boire pour faire la fête ou parce qu`on est triste, boire parce qu`on se sent seul ou parce qu`on n'a jamais une minute pour soi, boire parce qu`on est timide ou parce qu`on est audacieux. On peut aussi boire parce qu`on est chanceux ou malchanceux, riche ou pauvre, apprécié ou détesté. ¨Le dernier pour la route¨ ne nous entraîne pas vers une descente aux enfers, mais nous présente ce grave problème de façon élégante à travers une histoire sans trop de remous. Ainsi on réalise que la limite entre la modération et l`abus n`est pas toujours palpable et qu'elle peut mener vers des dépendances qui corrodent l`existence de bien des gens.