Bienveillance à l’Espace Go : tomber amoureux

6 octobre 2012 12h54 · gabrielle t-baillargeon

C’était mon premier Fanny Britt (je sais). Je suis toujours un peu en retard avec ces choses-là. Faut dire que le théâtre, je n’y vais pas si souvent, faute d’argent. Enfin, j’étais bien contente d’aller voir Bienveillance parce que ça faisait longtemps que ça ne m’était pas arrivé, d’être avalée comme ça par un texte. Je ne me rappelle pas la dernière fois : c’est comme ça, l’art, on tente chaque fois de tomber sur le coup de cœur, c’est un jeu d’essai/erreur continuel –et puis un soir, un après-midi, on tombe sur quelque chose de vraiment très bien, on ne s’ennuie pas, on ne pense pas à notre liste d’épicerie, à ce qu’il faudra faire demain. On est submergé, on s’amuse, on pleure un peu (pas toujours).

Bienveillance est donc un de ces petits bijoux théâtraux qu’on ne rencontre pas assez souvent. La coproduction du théâtre PÀP et des Productions À tour de rôle présente un texte tragi-comique acéré et subtil. Gilles Jean, avocat d’une grande firme montréalaise, retourne à Bienveillance, sa ville natale. Gilles vient visiter son meilleur ami d’enfance : le fils de sa copine est dans le coma après un accident. L’état critique du petit garçon est dû à une négligence du 911. Tout comme le spectateur, Gilles Jean devra faire face à des questionnements moraux et éthiques.

Malgré la gravité du sujet qu’elle aborde, la pièce ne se prend pas au sérieux. La mise en scène recherchée de Claude Poissant ne laisse rien au hasard : l’alternance entre les monologues introspectifs de Gilles Jean et les scènes de groupe est fluide et rythmée. Les éclairages d’Erwann Bernard, bien que plutôt classiques, viennent appuyer la dualité solitude/groupe qui ressort du texte. L’alternance chaud/froid est utilisée de manière intéressante. Mentionnons enfin le jeu de Patrice Dubois (Gilles Jean), co-directeur artistique du Théâtre PÀP, dont le visage impassible contraste fortement avec l’émotion du jeu physique et parlé. Sylvie de Morais, époustouflante de drôlerie dans le rôle d’Isabelle, la mère dévastée, vole la vedette à tous les autres personnages secondaires.

Ainsi, je suis tombée sous le charme de l’écriture poignante de Fanny Britt et du toujours excellent Théâtre PÀP. La saison théâtrale commence bien.

 

Bienveillance est présentée du 2 au 27 octobre à l’Espace Go.

Classé dans :  Scène
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gabrielle t-baillargeon

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je suis une étudiante en cinéma et littérature qui joue à la journaliste culturelle.

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