26 juillet 2010 9h19 · Francis Hébert
Jacques Dutronc fait cette année un grand retour sur scène. On le voulait aux Francos de Montréal, il a plutôt choisi celles de La Rochelle et de Spa. Sans nouveau disque, il revient clairement pour renflouer ses coffres. Mais qui veut vraiment d'un nouvel album de Dutronc? A-t-il sorti de grandes chansons depuis les années 70? Non. Voilà un artiste qui mise sur sa légende. En 2010, ce qu'il fait de meilleur, c'est l'acteur.
Pourtant, mes collègues du Voir, de La Presse et du Devoir s'émerveillent: meilleur spectacle des Francos de Spa. Rien de moins. Ah, nostalgie et mauvaise foi quand tu nous tiens! Pour avoir un jugement certainement plus juste, il faut aller du côté de Télérama. La journaliste Valérie Lehoux a vu Dutronc quelques semaines auparavant à La Rochelle et le qualifie de «lourd». Extraits de son papier:
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En soignant ses clichés, ce Dutronc-là ne voulait visiblement montrer de
lui que ce que l'on en sait déjà : pas tant le chanteur que son
personnage, pas tant l'artiste que sa caricature. C'est assis au creux
d'un fauteuil club, lunettes noires sur le nez (évidemment), qu'il
débute son spectacle, fidèle à sa réputation d'éternel dilettante ; et
c'est armé d'un gros cigare – réclamé par le public, et tellement
convenu –, qu'il enquille ensuite une bonne partie de ses chansons.
L'air détaché, sans la moindre émotion apparente.
Restent les chansons, les classiques de la grande époque. Même abîmées
par tout cela, elles gardent une certaine légèreté et leur étrange
pouvoir fédérateur – d'autant que Dutronc, ne voulant décidément
surprendre personne, les enchaîne à la mode « best of »: Et moi, et moi, et moi, L'Opportuniste,
Les Playboys, J'aime les filles, On nous cache tout, Fais pas ci, fais
pas ça, Les Cactus… Très impressionnante collection de succès.
Mais au lieu de les entendre dans un cadre si dépourvu de chaleur et de
générosité, on aurait mieux fait de rester à l'hôtel et d'écouter une
bonne vieille compil.
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Merci à Télérama de garder la flamme vive de la critique.
Rappelons que Lehoux a été une des seules – avec Cormier et moi – à émettre de sérieuses réserves sur le talent de Coeur de Pirate. Je ne résiste pas au plaisir d'extraire ces lignes du papier de Cormier ce matin dans Le Devoir. Ça fait du bien de lire sous sa plume:
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Coeur de pirate l'avait d'office, elle, la grande scène, et en tête
d'affiche: triomphe annoncé, dans son cas. Disques vendus en masse,
cartons à la radio: un tel succès ne peut qu'être entériné. Coeur de
pirate est désormais en Europe francophone une vedette. Et elle avait à
Spa sa conférence de presse à elle, où des fillettes posaient des
questions de fillettes: «Pourquoi tu t'appelles Coeur de pirate?» On
aura appris que l'idole est contente qu'on retranscrive ses textes pour
les malentendants lors des spectacles. «C'est génial. Ce qui est
important, c'est pas juste la musique, c'est les paroles.» Personne ne
lui a demandé si elle comptait ouvrir la bouche en chantant, pour
changer. J'ai pas osé. En horde, c'est dangereux, les enfants. Faut-il
dire que la jeune chanteuse a triomphé? Sous les cris les plus stridents
de tout le festival?
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Il ne faut donc jamais désespérer, l'esprit critique peut rejaillir.

Sans rien enlever au soi-disant courage des critiques, je ne peux qu’observer que les extraits ci-dessus relève davantage du mépris que de la critique. Comme un trop plein de fiel à déverser… Ç’est pas sérieux selon moi, ça enlève toute crédibilité. Pas nécessairement à l’auteur ( car je respecte néanmoins Cormier) mais à la chronique – car je ne peux pas parler de critique – certainement.