9 mai 2009 18h08 · Francis Hébert
On en lit de belles choses sur le Net si on se promène un peu. En allant faire un tour sur le site de Guillaume Arsenault, j'y lis quelques lignes à propos de la critique que j'ai consacrée à son nouvel album. Je résume: j'ai adoré ses deux premiers disques, essentiellement folks, j'ai été un des premiers à en parler. Pour ne pas dire le seul. Or, son troisième opus n'est pas du tout à la même hauteur. Naturellement, c'est toujours le cas, beaucoup d'artistes ne retiennent des critiques que ce qui est négatif. Tu écris neuf lignes en bien, une en mal? Ils disent que c'est une mauvaise critique (entendre: négative, car ils ne font pas la part des choses entre une bonne critique et une critique élogieuse).
Normalement, je ne dis rien. Je laisse couler. Sauf quand on répand des idioties, des mensonges. Raison pour laquelle je me permets de reproduire ici les propos du chanteur bafoué dans son honneur de grand artiste. Allez, Guillaume, à toi:
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Au-delà de donner des étoiles et de nous dire si il a aimé ou pas, un
journaliste doit à travers sa critique renseigner le lecteur sur le
contenu d'un album. Nous dire à quoi on a à faire. Il nous importe peu
de savoir si l'artiste porte des sous-vêtements ou non. Je comprend
très bien que M. Hébert du Voir ne soit pas d'accord avec la direction
que j'ai prise, qu'il aurait préféré que je reste dans un Univers Folk.
Je sais qu'il ne sera pas le seul. Mais c'est son devoir, son travail
de décrire cette direction et de nous dire le pourquoi, les raisons de
ses positions.
En passant M.Hébert, c'est très mal me connaître de croire que je vais rester en place et m'habiller d' habitudes.
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D'abord, merci de nous donner ton opinion sur le rôle de la critique. Ça fait plaisir. Or, si tu as appris à bien lire, je décris ton disque dans mon texte, mais – et c'est là que ça te chiffonne – je donne aussi mon opinion. Car le lecteur, il veut savoir ce que le journaliste en pense. Pas seulement le nombre de chansons sur le CD, la couleur de la pochette, et si des saxophones y sont présents. Dans la presse en général, il y a des tas de gens qui font cela. C'est d'un ennui tel qu'on ne les lit plus.
Le rôle du critique est d'informer, certes, mais aussi de juger.
Mais la chose qui me dérange le plus dans tes lignes, c'est lorsque tu laisses sous-entendre que je n'apprécie que les artistes qui font toujours la même chose, sans évoluer. Pauvre de toi, c'est bien mal me connaître. Sans doute ne lis-tu le Voir que lorsqu'on parle de toi et que tu ne connais pas les choix esthétiques de mes collègues et moi.
Eh bien, sache, mon cher Guillaume, qu'en dehors de tes disques, il m'arrive d'en faire jouer d'autres. Mes préférés? Ceux de Serge Gainsbourg, Alain Bashung, Christophe. Trois artistes qui passent allègrement d'un style à l'autre, qui prennent des risques, qui osent. Parfois, ils se plantent, parfois ils sont grandioses.
Malgré toute l'admiration que j'ai pour eux, je sais reconnaître quand ils échouent. Et je n'ai pas peur de l'écrire, en dépit des archi fans bornés ou de la clique branchée. Seule m'importe la qualité. Je sais aussi me pâmer pour des chanteurs qui, comme Brassens, ne semblent pas prendre de risques, mais creusent un sillon impeccable.
Tout comme Thomas Hellman, tu as pris le virage slam électro. Ça ne vous va pas du tout. Pire, tu cèdes à la mode de remplacer les QUE par un K branchouille. Ainsi tu t'aplatis devant la mode. Un jour, peut-être sauras-tu le reconnaître.
P.-S. Depuis que j'ai mis ce billet en ligne, Guillaume Arsenault a changé ce qu'il écrivait sur son site. Raison pour laquelle vous ne retrouverez pas ma citation telle quelle.

Bonjour Monsieur Hébert,
Après avoir écouter l’album Géophonik et consulter les critiques, je constate que la vôtre est beaucoup moins nourrissante puisqu’elle contient davantage de jugements, frôlant parfois l’insolence (je fais référence aux deux premières phrases de votre critique qui sont, selon moi, complètement déplacées…), que d’informations.
Après avoir lu votre réponse à la critique de Guillaume Arsenault… de votre critique…, j’ai sentie beaucoup de prétention de votre part, des attaques gratuites. J’ai même sentie une certaine immaturité dans vos propos.
Les mots de Guillaume Arsenault me semblent toutefois très honnêtes et respectueux.
Je suis totalement en accord avec vous Abeille. Je n’ai pas encore entendu l’album mais les mots de M. Arsenault était en effet honnêtes et respectueux. J’ai comme eu un malaise en lisant la réponse de M.Hébert. Un critique incapable de supporter la critique?