16 juin 2007 17h17 · Francis Hébert
La poésie a une vilaine réputation de lourdeur. Car pour un Verlaine, lisible et simple, un Prévert populaire, combien d'Apollinaire?
Alors il faudrait rendre grâce aux artistes qui chantent les poètes. Quand c'est bien fait, ça les allège. Ça donne des ailes aux vers. Et, naturellement, des vers avec des ailes, qui se baladent dans les rues, par-dessus les frontières, c'est beau.
C'est le cas du duo montréalais Villeray qui, il y a dix ans, était en studio pour enregistrer une quinzaine de poèmes de Saint-Denys Garneau. Ça a donné un beau disque qui était épuisé depuis longtemps et qui vient d'être réédité à l'identique: même couverture, mêmes morceaux. 17 textes ont été bellement mis en musique, plus un de Pierre Morency qui rend hommage au poète, et un instrumental.
C'est extrêmement réussi. Villeray redonne un souffle nouveau aux vers. Les chansons qui en résultent sont à l'image des ormes tels que décrits par Garneau:
Sveltes, dans une tranquille élégance
(…)
Ils sont simples
Ils font de l'ombre légère
Des chansons comme des ormes: elles dureront.