1 décembre 2006 15h20 · Francis Hébert
Jean-Pierre Ferland, Écoute pas ça (1996)
Si Jaune (1970) est un des plus grands disques québécois de tous les temps, c'est en partie dû aux arrangements musicaux époustouflants, aux musiciens américains invités, au réalisateur André Perry. À la base, il y avait de bonnes chansons mais elles sont propulsées dans un voyage musical inouï et jamais égalé.
Par contre, lorsqu'on parle d'albums de « pures » chansons, dont le plaisir provient essentiellement du mariage entre les paroles et la mélodie, le meilleur Ferland, vital à toute discothèque de chanson franco, c'est Écoute pas ça, paru en 1996.
Un recueil acoustique, un festin de guitares. La perfection du début à la fin : La musique; Il faut des amoureux; Je ne veux pas dormir ce soir; After Shave; Une chance qu'on s'a. Nommez-les toutes. C'est un collier de perles scintillantes et chaudes. Une bouffée d'air. Un moment de grâce.
À une époque où on ne croyait plus en Ferland, après le décevant Bleu blanc blues, il a offert à la chanson francophone un diamant indestructible : Écoute pas ça.
Avec Jaune, c'est ce que Ferland a su faire de mieux. À la démesure sublime de Jaune, il a opposé le dépouillement, la sobriété de Écoute pas ça.
À se repasser à l'infini.