J’ai tué ma mère

15 juillet 2009 8h58 · Francine Paradis

À propos l'article Voir J'ai tué ma mère

Avoir 20 ans, et réussir à rafler trois prix à Cannes pour son premier film, c'est narguer le Québec qui lui a refusé toute subvention pour son film.  En même temps, cette reconnaissance constitue une récompense extraordinaire pour le jeune cinéaste Xavier Dolan.  Comme il l'a dit lui-même : « J'ai bien fait d'être pugnace. »  Son film est franchement impressionnant quand on considère l'âge de ce cinéaste qui en est à ses débuts.

Parlons-en de ce film qui décrit une relation amour-haine entre un fils et sa mère.  On s'identifie très bien aux préoccupations de cet ado qui cherche à se trouver en essayant de comprendre les sentiments ambigus qu'il éprouve pour sa mère.   Les rapports tumultueux entre ces deux personnages entraînent des dialogues vifs et percutants, durs, cruels sans jamais être hors propos.  Les prises de vue sont originales, les scènes s'enchaînent rapidement; autrement dit, dès que le spectateur a compris, on passe à la scène suivante.  Avec Dolan, chaque image se pare d'une connotation sensuelle.  On voudrait lire le livre qu'il retire de la bibliothèque et manger les oranges filmées dans un étalage.  

Anne Dorval, la mère, donne une prestation époustouflante et Xavier Dolan qui joue son fils rivalise de talent avec elle. 

Petit bémol.  Comme cette relation amour-haine est le thème principal du film, on tourne toujours autour du même sujet.  On aurait souhaité qu'une intrigue parallèle vienne se greffer à l'histoire.  Faute vite pardonnée eu égard à la qualité exceptionnelle de ce film.  

Vraiment, ce jeune réalisateur promet !    Il ira loin.

 

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