Des docteurs dangereux(2)

19 décembre 2009 9h53 · Jean-Claude Bourbonnais

J'ai trouvé étrange que personne dans la presse écrite n'ait dénoncé vigoureusement le chantage des 24 docteurs de Sept-Îles contre la population. Et dans cette ville, j'apprends, par le dernier exercice de style de Foglia, aujourd'hui, que la Chambre de Commerce, et tous les citoyens corporatifs en vue, appuient les médecins.C'est fabuleux!!!

Bon, inutile de répéter les faits avérés par les ingénieurs au sujet de l'uranium, ces gens-là sont tous des ignorants vendus au Grand Capital (C't'une joke!) D'ailleurs je connais pas beaucoup de malades qui iraient  faire traiter leurs varices par des ingénieurs.Le monde sont très intelligents quand y sont souffrants…

Mais moi j'ai pas de médecin. Je ne suis pas malade, et c'est mon corps qui me le répète chaque jour depuis vingt ans. Mon intelligence est en bons termes avec mon corps. On se soigne.Nous formons un tout compact et complice devant la mort. Donc, si j'ai tout de suite senti l'urgence de dénoncer la menace de démission des docteurs c'est parce que je ne leur suis redevable de rien. Mais j'imagine assez facilement que les journalistes, les chambrés de commerce, les citoyens, leurs femmes et leurs enfants , les écolos réchauffés à blanc, bref je comprends que tout ce monde puisse appuyer des docteurs, fort probablement parce qu'ils les tiennent responsables de leur santé. "Responsables" au sens propre. L'irresponsable, c'est le Québécois moyen, accro aux pilules et physiquement aussi actif qu'un concombre en janvier.

Iriez-vous engueuler votre docteur qui menace de démissionner et de quitter votre ville, parce qu'il vous fait peur avec le nucléaire? Parce que votre père, de son vivant, fut un ingénieur qui a du se battre durant la Grande Noirceur, contre la tyrannie des curés, avec leur enfer contre la science?

Ce que je vois ici se pointer dans l'horizon, c'est une autre grande peur, une sorte de péril vert, si on veut. Un peuple totalement asservi au pouvoir médical, avec ses curés dans les urgences, ces cathédrales de leur infaillibilité, avec leurs pilules qui ont remplaçé le Saint-Crême et l'hostie. Les indulgences de nos docteurs frénétiques à Sept-Îles, c'est gratis,mais  encore faut-il croire sans voir, comme ne l'a pas compris cet abruti de Saint-Thomas, il y a 2000 ans…. Un pouvoir médical , et son Vatican, dépendant lui aussi d'un Grand Capital émergent, le Vert, à Copenhague.

Je ne blâme pas les gens de Sept-Îles à tort et à travers. Tout le monde n'a pas la chance d'avoir une santé de fer. Même moi, en traversant la rue, tantôt, sait-on jamais…Ce qui est obscène, ici, c'est bien sûr le calcul réfléchi, bien plus important que la santé de leurs concitoyens.Les médecins auraient-ils reçu le même appui s'ils n'avaient pas brandi cette menace de démission? Moi je pense que oui, mais c'aurait été alors un appui éclairé.Les docteurs n'y ont pas pensé. Ou alors ils y ont pensé très sérieusement, et l'éclair leur a foutu la trouille. On est électrique chez les docteurs, mais de là à laisser les citoyens éclairer leur santé avec leurs propres moyens, voyons don…

Et puis autre chose. Aucun journaliste n'est allé examiner la provenance de ces docteurs. Leurs allégeances idéologiques. Sont-ils tous originaires de Sept-Îles? Et si cette menace de démission cachait un désir plus profond, le désir de décrisser ailleurs, une sorte de démission plus large, qui a à voir avec l'avenir du Québec? Et voilà où mon indignation s'élève encore d'un cran. J'imagine un stratège fédéraliste qui regarde ça.Et il a une idée. La mienne plutôt, et vous me remercierez après demain de vous l'avoir révélé avant lui. La peur, c'est payant au Québec, et pas seulement pour les docteurs. Imaginez un autre référendum. On nous propose de prendre possession de notre territoire, avec tous les pouvoirs et ses richesses naturelles. Mais le territoire, c'est un lieu concret, géographique, si on veut. Et depuis 50 ans, avec l'urbanisation, nous avons déserté le territoire avec la même fureur que nous mettons à déserter nos corps, gras durs et malades en ville devant nos docteurs tout puissants.La partition du Québec, moi si j'étais docteur en fédéralisme, j'y penserais très fort. Et peut-être alors cela récolterait-il le même appui très large des éditorialistes, des chambrés du commerce, de leurs femmes et de leurs enfants,des citoyens corporatifs et des écolos réchauffés à blanc….

 

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+ Ajouter le vôtre Commentaires 1

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    Michel Desmeules 21 décembre 2009 · 21h30

    Je trouve complètement honteux que les médecins utilisent une position corporative dont nous faisons tous les frais, pour diriger un chantage dont nous devrions encore une fois assumer les coûts collectivement s’ils démissionnaient pour vrai. Au prix qu’un mécecin coûte à former et en plus du salaire relativement mirobolant qu’il gagnera toute sa vie, qu’il se contente de faire le travail pour lequel on le paie et si un jour nous avons besoin à nouveau de directeurs de conscience, on avisera…

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