le capitalisme, c’est la santé

9 mai 2009 16h09 · Jean-Claude Bourbonnais

Pour commencer, un rappel, une évidence douloureuse: nous ne sauverons pas la planète. Elle se sauvera toute seule, avec ou sans nous. Puis un jour, elle périra à une heure qui ne sera même pas la sienne ni la nôtre, mais celle imposée par notre soleil devenu trop chaud. À moins qu'une comète imprévue entre temps, venue le diable sait d'où, nous rentre en pleine gueule et nous renvoie tous à l'âge de pierre…

Et nous n'avons pas à penser le monde, puisqu'il se pense et se dépense sans cesse sans nous demander notre avis, avec son propre système nerveux, ses  neuronnes, ces milliards de galaxies  dans un univers dont nous n'arrivons pas encore à  mesurer l'étendue. Si étendue mesurable il y a. Monsieur Hervé Kempf affirme que nous devrons sortir du capitalisme, et vivre autrement.Je voudrais bien , mais à défaut de l'éternité et de son paradis à la fin de nos jours, une croyance plus que jamais mise à mal depuis qu'on peut l'entrevoir, l'éternité, dans l'oeil magique des télescopes Hubble et Kepler, je me demande quel autrement pourrait faire notre bonheur.

Le communisme a été essayé, on connait le résultat, même si la gauche fait semblant de ne pas le voir et n'en parle jamais. Les autres utopies ne valent guère mieux qui nous annoncent le paradis en ce bas monde, une foutaise encore plus considérable,aussi dangereuse que celle des religions. Les Témoins de Jéhovah essaient de nous faire accroire que le monde fut créé il y a 6,000ans. Greenpeace nous promet l'apocalypse dans moins que ça. Au total, les Témoins de Jéhovah et Greenpeace, c'est le même fanatisme, le même négationisme vis-à-vis la raison scientifique.Pourtant le cosmos, ce n'est pas le monde que nous croyons encore être les seuls à habiter avec notre intelligence supérieure, le cosmos, il ne nous regarde pas, il nous consume et nous tue sans s'en apercevoir.

L'univers est impitoyable,il ne nous fera pas de crédit. Avec lui, on paye toujours comptant. Et toutes nos épargnes d'énergies finiront à plus ou moins long terme dans un quelconque de ses innombrables trous noirs. Notre sagesse présumée, il en fait déjà sa réserve secrète d'anti-matière. Si l'univers était vraiment intelligent, nous le ferions rire.

Pour combattre la misère, la pauvreté, l'ignorance, nous avons inventé le capitalisme, l'économie de marché. Et la libre circulation des biens et des personnes. Dans le dictionnaire, ça définit le commerce. Et accessoirement, la liberté tout court.Le plus beau des commerces, c'est l'amour. Le pire, c'est l'exploitation de l'homme par l'homme. Ces deux formes de commerce sont aussi dangereuses l'une que l'autre, à l'image de l'homme, foncièrement imparfait, pour ne pas dire dégueulasse, quand il exagère ses talents. Notre porte-feuille, c'est notre humanité, qui n'a rien à voir avec les purs esprits.

Rien ne nous définit mieux dans l'usage que nous avons fait du capitalisme que l'invention de la carte de crédit. Voilà bien résumée notre nature dans ce tout petit document, qui se ratatine à la grosseur d'une puce à mesure qu'augmente notre imprévoyance. Comme le virus de la grippe, il évolue à notre rythme…La carte de crédit fut inventée au début du siècle dernier et mise en circulation par la Western Union, une compagnie de télégraphie américaine.Avant d'être une machine à fric,cette carte fut donc un passe-port, un moyen de communication et d'échange extraordinaire , qui vint à son heure remplacer le troc et civiliser un peu l'homme. Peu à peu,il devint illégal en nos contrées de vendre sa femme et ses enfants pour trois vaches. Ou l'inverse. Il n'est pas inutile de rappeler que le commerce de l'argent, le capitalisme, prit son essor dans les pays où la démocratie fut et est encore la mesure des droits de chacun.

La crise financière qui  nous frappe, c'est une grosse grippe qui vient mettre à l'épreuve les différents systèmes immunitaires de nos sociétés. Rien ne fait plus réfléchir, entrer l'homme en lui-même que la maladie. S'il s'en sort, c'est en s'économisant au maximum, pas en s'épuisant dans l'autrement ou autres potions magiques. L'économie est un art qui s'apprend jeune. C'est long ,difficile, et les virus se recommencent en nous éternellement… Économiser de l'argent , ce n'est au fond pas très différent que d'apprendre à bien doser ses idées, car il est bien plus difficile pour un intellectuel, mettons, de retenir sa plume que sa langue.

On y peut rien, la nature a fait de nous des êtres paradoxaux. C'est la définition la plus simple de ce que nous appelons le libre-arbitre. Ca rime avec libre-échange, cette forme évoluée du capitalisme. Désormais, on ne pourra plus passer outre. Le commerce nous nomme comme il peut, c'est-à-dire comme nous sommes. Neutraliser le capitalisme, ce serait nous ravaler au rang des animaux, des créatures inférieures qui n'obéissent qu'à la loi du troupeau. Comme viennent d'en donner l'ordre aux Madelinots les imbéciles de l'Union Européenne.

Monsieur Hervé Kempf est chroniqueur en environnement au quotidien français "Le Monde". En tout respect pour la définition la plus large du mot "monde", il devrait savoir que le vrai péril qui menace l'humanité, ce n'est ni le réchauffement climatique, ni le capitalisme, mais bien plutôt la surpopulation. Là, on peut affirmer sans craindre de se tromper, que l'homme a très mal économisé ses énergies. La vraie crise, qui ne fera que s'accentuer, elle est là. Et quand on en est rendu à accorder plus d'importance à l'avenir d'une espèce animale qu'à celui de l'homme, j'ai bien peur que ce n'est pas demain la veille que nous serons plus intelligents de ce côté-là des choses. À moins de croire que le phoque en Alaska est l'avenir de l'homme….

 

 

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    YAD 12 mai 2009 · 18h13

    Bonjour,

    J’aimerais rectifier une erreure. Jamais les Témoins de Jéhovah n’ont prétendu que le monde s’est fait en 6000 ans. Ils ne parlent de 6000 ans qu’en considérant le temps entre la création d’Adam et notre époque. Il acceptent largement le fait que l’univers ait été créé en plusieurs milliards d’années. Cette théorie que vous mentionnez s’appelle le créationnisme (ceux qui croient que la création s’est faite en 6 jours de 24 heures). Les Témoins pensent qu’il s’agit de 6 périodes de temps qui ont pu durer des milliers d’années chacune. Par ailleurs, concernant le 7 ème jours qui a commencé tout de suite après la création de l’homme, ce jour n’était pas encore achevé à l’époque de l’apotre Paul d’après un de ses textes. Les jours de création ne sont donc pas à voir à l’échelle humaine.

    Amicalement

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    Jean-Claude Bourbonnais 13 mai 2009 · 09h48

    Merci de m’avoir corrigé, monsieur Dentinger. Je constate que dans les affaires du Bon Dieu, il arrive que nous, les mécréants, manifestions la même ignorance que les croyants avertis.
    Grâce à vous, j’en sais plus aujourd’hui sur les Témoins de Jéhovah. Il y a un peu de poésie dans leur affaire. Peut-être devraient-ils s’investir totalement dans cette voie sacrée de l’âme humaine. Je leur conseillerais alors la lecture du « Manifeste du surréalisme » d’André Breton. C’est comme le paradis, une fois dedans, on en sort plus.
    Votre observation sur Saint-Paul est fort intéressante. Si le septième jour n’était pas achevé à l’époque du rédacteur des Épîtres, c’est peut-être parce que nous ne perdions rien pour attendre, comme le pense Greenpeace. Eux nous prédisent la fin du monde à plus ou moins brève échéance. Et alors, Adam, qui n’est pas à l’échelle humaine, irait sans doute se consoler dans les bras du Bon Dieu. Personnellement, je préfèrerais l’Immaculée Conception…

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    Danièle Bourassa 4 juin 2009 · 18h08

    Bonjour M. Bourbonnais,

    Vous dites: Pour combattre la misère, la pauvreté, l’ignorance, nous avons inventé le capitalisme, l’économie de marché. Et la libre circulation des biens et des personnes. Dans le dictionnaire, ça définit le commerce.

    Le commerce capitaliste tel que pratiqué sur notre moderne planète à la merci des imprévisibles et chaotiques soubresauts de l’univers, a sorti de la misère, de la pauvreté et de l’ignorance quelques individus qui se sont dit: mieux vaut en profiter pendant qu’on est là….. les autres on s’en fout, ils se reprendront dans une autre vie

    Un peu plus loin vous dites: La crise financière qui nous frappe, c’est une grosse grippe qui vient mettre à l’épreuve les différents systèmes immunitaires de nos sociétés. Rien ne fait plus réfléchir, entrer l’homme en lui-même que la maladie.

    Moi qui fait probablement partie du surplus de population, ai entendu dire souvent dans les dix dernières années par les prolifiques experts financiers, pour mettre en confiance les petits et gros investisseurs: des crises financières comme dans les années 29-30, nous n’en auront plus parce que nous avons des lois, des structures financières et des modèles de plans d’investissements qui nous protègent des crash financiers.

    L »homme avait réfléchi » après les quelques crash du siècle dernier et mis en place des antibiotiques financiers à toute épreuve…..mais, semble-t-il, jamais à l’épreuve de l’homme capitaliste dans l’âme…ça presse avant que la planète fasse boum!!

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    Danièle Bourassa 4 juin 2009 · 18h15

    Et j’ajouterais, comme disait l’autre: mieux vaut être riche et en santé que pauvre et malade…

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