FNC MONTRÉAL: SURVIVRE À « BLUE BIRD » ET PALMARÈS

26 octobre 2011 0h07 · Gary Drechou

Bon. Ce qui devait arriver est arrivé. Blue Bird, ce baobab nu, a fait de l’ombre à la forêt. J’ai vu quelques films de belle tenue (plus ou moins feuillus) en deuxième semaine du Festival du nouveau cinéma, dont La ballade de l’impossibleTouch The Sky (contre toute attente) et Hanezu, et puis aussi quelques-uns moins « tenus » mais vachement bien, comme Kotoko et Saya Zamourai, mais aucun n’est venu se loger là où Blue Bird s’est posé.

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Si le jury de l’Association québécoise des critiques de cinéma (AQCC) a décerné une mention spéciale à Blue Bird dans la catégorie Meilleur film de la sélection internationale, il a préféré récompenser Volcano, de Rúnar Rúnarsson (Islande/Danemark), qui a également raflé la Louve d’Or… et que je n’ai pas vu, malheureusement.

Voir la bande-annonce.

Présentation de Damien Detcheberry dans le programme du festival:

Contrairement à ce que le titre semble indiquer, Volcano n’est pas un documentaire sur l’éruption volcanique d’Eyjafjöll en 2010. Il y a bien un volcan au bord de l’éruption, ici, mais il s’agit d’Hannes, un « jeune » retraité de 67 ans qui vient de quitter son emploi et se retrouve confronté à une vie de famille qu’il avait fini par laisser de côté: le ressentiment de ses enfants, avec qui il n’a jamais réussi à créer une réelle communication, la tendre indifférence de sa femme, qui peu à peu a pris la place de l’amour dans leur couple, la solitude du quotidien, enfin, quand les amis de longue date ont fini par prendre d’autres chemins. Loin de sombrer dans le pathos à partir d’un tel sujet, Rúnar Rúnarsson, jeune prodige islandais remarqué pour ses courts métrages (Anna, 2009; 2 Birds, 2008), prend la tangente et filme au contraire une des plus belles histoires d’amour « matures » depuis Cloud 9 d’Andreas Dresen. Comment prouver son engagement vis-à-vis de la personne que l’on aime et avec qui l’on a partagé, bon gré mal gré, la majeure partie de sa vie? Volcano est un magnifique hommage à l’apprentissage difficile de la maturité sentimentale.

Autre (bonne) petite surprise du palmarès officiel, de mon point de vue: la mention spéciale faite à The Ballad of Genesis and Lady Jaye, dont je vous parlais pas plus tard qu’ici, dans la catégorie Prix du public Temps Ø. Pourtant ce n’est pas un film facile.

Alors, palmarès à part, que me restera-t-il vraiment de cette deuxième semaine?

Peut-être Kotoko, de Shinya Tsukamoto (Japon, 2011), et le tendre et délirant Saya Zamurai, de Hitoshi Matsumoto (Japon, 2011): voir la bande-annonce.

Pour terminer, je me (re)mords les doigts de m’être trompé de jour et de n’avoir pu voir Snowtown, de Justin Kurzel (Australie, 2011), dont j’ai entendu de bons échos (tordus boyaux): voir la bande-annonce.

[Initialement publié sur le blogue Reb(((o)))nds]

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Gary Drechou

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Suisse, canadien et français, je vis à Montréal depuis 2004. J’y ai étudié les sciences politiques, le développement international et l’Amérique du Nord (mineure en études nord-américaines) à l’Université McGill. Outre ces vastes sujets, dont je n’ai – heureusement – pas encore fait le tour, je me (re)trouve souvent passionné par ce qui me tombe dans le creux de l’oreille ou sous les yeux, au cours d’une journée… Mon plaisir? Essayer de trouver - créer? - des liens entre toutes choses, à l’infini. Journaliste et chroniqueur indépendant, je collabore notamment avec le journal Le Monde (France), le magazine Slate.fr (France), le quotidien Le Matin Bleu (Suisse), le quotidien 20 Minutes (Suisse) ou L'Hebdo (Suisse). Je suis également blogueur invité sur les sites des quotidiens suisses 24 Heures et Tribune de Genève.

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