28 décembre 2009 0h44 · Guy Boulianne
Personne ne pourra le nier : dans son premier roman, La Traque – De Montréal à Katmandou, Jean-François Capelle sait de quoi il parle, lui qui a fait carrière pendant une quarantaine d’année dans le développement international, à titre d’ingénieur et docteur en génie civil. Nous l’avons rencontré pour discuter du roman et de l’histoire de sa propre vie.
Son héros, Pierre Cayenne, est, comme Capelle, un ingénieur que la profession fait voyager dans plusieurs pays du monde, dont le Népal et l’Inde, mais aussi en Amérique du Sud. Capelle, originaire du Val de Loire en France, est installé au Québec depuis fort longtemps. Il fut, entre autres, l’un des fondateurs du club gai Le Parking, à Montréal. En outre, ce roman est devenu une occasion pour Capelle de faire sa sortie de placard dans la sphère professionnelle.
« Depuis la publication de La Traque, j’ai eu beaucoup de réactions positives, tant de la part des étrangers que des personnes de mon entourage », remarque Capelle. « Je réalise que j’ai eu de la chance dans la vie de façon générale », ajoute celui qui se dit sensible au suicide chez les jeunes hommes, un phénomène souvent lié, plus souvent qu’on le pense ou que les médias le disent, à l’affi rmation de l’identité sexuelle et à l’homophobie.
Intrigue accrocheuse
L’intrigue est posée dès le départ avec un meurtre mystérieux commis sur le chantier d’un barrage en Inde. À la façon du détective Colombo, Capelle nous mets ainsi au parfum dès le départ, pour nous amener ensuite dans de rocambolesques aventures nous tenant en alerte jusqu’au dénouement final. Une vidéo accessible sur le site Youtube résume ce suspens de façon colorée. La lecture est agréable, la langue est, bien sûr, excellente, les descriptions bien déployées et les rebondissements nombreux. Ce récit est visiblement le travail d’un homme cultivé et expérimenté, avec comme résultat qu’on devinerait difficilement qu’il s’agit d’un premier récit publié.
Il faut dire que l’auteur s’est fait la main sur deux autres manuscrits qui dorment dans son tiroir, dont l’un est autobiographique. Il songe à les publier, mais ce qui pourrait venir d’abord sera la suite de La Traque, qui est déjà en chantier.
« J’ai eu quelques retenues en écrivant ce premier roman, raconte-t-il, mais je vais moins me censurer à l’avenir. Tout de même, j’aime discuter de la relativité des notions de bien et de mal; ainsi, le vilain de cette histoire continuera de ne pas être entièrement mauvais, et le héros de ne pas être entièrement bon. »

Mélange de vrai et de fiction
L’auteur a certainement su dans ce roman mettre à profi t ses vastes connaissances en génie civil, lui qui a, travaillé, entre autres méga projets du Québec, au design et à la construction des digues de l’Île Notre-Dame pour l’Expo 67, au Stade olympique, ainsi qu’aux barrages de la Manicouagan et de la baie James. Incidemment, La Traque comprend de nombreux rappels d’endroits qui existent réellement au Québec et à Montréal.
C’est probablement là une grande force de ce récit qui est ponctué de références à la culture, à la géographie et à l’ingénierie qui pimente très bien le déroulement de l’histoire et qui lui confère une grande crédibilité. D’ailleurs, Capelle ne se gêne pas pour préciser au passage que La Traque est faite de personnages et de situations qui ont bel et bien existé, lui qui a travaillé sur de nombreux projets fi nancés par l’ONU.
En outre, l’auteur a réellement connu et fréquenté un homme dont la personnalité a servi à créer le personnage de Manuel, la victime au cœur de l’intrigue de La Traque (le vrai Manuel n’est pas décédé comme celui du livre, heureusement, et il est toujours ami avec « Pierre »).
S’il fallait relever une faiblesse au livre, on parlerait du fait que de l’un à l’autre des premiers chapitres, le héros est en cavale dans de nombreux pays, ce qui peut laisser une impression de confusion au lecteur trop distrait! Alors, soyez attentif!
Somme toute, voilà un ouvrage à recommander et la réalisation d’un excellent travail, surtout qu’il s’agit d’un baptême pour cet auteur qui a tout de même vu neiger dans plusieurs régions de la planète.
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Ecrit par Éric Messier
Pour le Magazine ÊTRE
La Traque, de Montréal à Katmandou (Éditions Dédicaces)
Jean-François Capelle
En vente en ligne sur le site de l’éditeur : www.dedicaces.ca, et à la librairie Ménage à Trois (Montréal)