5 février 2012 6h50 · Denis Billamboz
Le petit David qui dormait paisiblement dans sa la poussette devant le magasin où sa mère faisait quelques achats, a été enlevé, pense-t-on car il a disparu. Les recherches alentours restant vaines, la police est appelée à la rescousse. Le juge commence alors son enquête, comme il se doit, en questionnant la famille et le voisinage qu’il ne ménage guère.
Dans ce livre sans réel suspens, Armel Job a surtout voulu démontrer tous les abus que l’opinion publique et les médias peuvent commettre à travers des jugements a priori, sans fondements, des condamnations nullement fondées, des impressions plus que des preuves, etc. On pense inévitablement que l’ambiance de l’affaire Dutroux n’est pas étrangère à l’écriture de ce roman mais, à mon avis, on retrouve plus, sous la plume de l’auteur, des enseignements et des faits tirés des affaires Vuillemin et d’Outreau.
Avec une écriture minimale, dépouillée, faite de phrases courtes et simples, Armel Job conduit une démonstration implacable qui dénonce le passage, aux yeux de certains, du statut de victime à celui de coupable et explique que le coupable n’est pas toujours aussi coupable qu’on le croit trop facilement. Un texte peut-être banal mais un livre qu’il fallait certainement écrire tant il y a eu de dérapages mal contrôlés dans les diverses affaires de ce type au cours des dernières années.
Et peut-être aussi une certaine façon d’affirmer que tout le monde à le droit d’aimer, même en-dehors des conventions sociales, sans être à la merci du jugement des autres, ceux que ça ne devrait normalement pas concerner.