Bien sûr, il y eut des orages

22 avril 2010 21h02 · Céline Lenoir

À propos l'article Voir Sonate d'automne

Mais l'amour  entre  ces  deux femmes, cette mère  et cette  fille est difficile à détruire malgré tout ce qui les a fait souffrir, les a séparées et à nouveau réunies. La relation mère- fille devient inévitablement un amour passionnel  lorsque le lien est aussi  fort que celui qui unit ces deux personnages de Bergman.  Marcel Pomerlo l'a bien saisi et a su transmettre sa compréhension des personnages  aux  comédiennes(toutes  excellentes: on  ne pouvait s'attendre à  autre  chose avec une telle distribution) qui sont parvenues à  illustrer de façon presque tangible l'intensité du lien unissant  cette  mère et sa fille.  Celui-ci est d' ailleurs, entièrement imprégné et d'une manière incontournable  par l'existence d'Éléna, la plus jeune des filles de Charlotte. Elle est au coeur de leur  vie, en est le noyau, le  centre. Handicapée physiquement  et blessée moralement depuis l'enfance, Éléna est  privée d'autonomie . À la charge de sa soeur aînée chez qui elle vit depuis plusieurs  années, celle-ci vient donc renforcer et déterminer  le lien existant  entre Eva  et sa mère.   

Eva qui s'occupe parfaitement bien de sa jeune soeur, culpabilise énormément  sa mère au cours de son séjour  chez elle et son époux( Gabriel  Arcand. Peut-on demander mieux  comme distribution?)  alors qu'elles ne s'étaient pas revue depuis 7 ans. À travers ses  reproches,  elle  la rend totalement  responsable  de l état  d'Éléna et lui rappelle  qu'elle l'a  abandonnée dès  sa plus tendre  enfance à  son pénible sort. L'aînée énumère du même souffle, toutes les souffrances que les absences répétées et interminables,  reliées à la carrière de pianiste de Charlotte lui ont fait  vivre. Ayant  souffert, elle    aussi intensément de cet abandon, elle lui révèle  toute l'étendue  de  sa douleur.

Charlotte  a fini par  s'enfuir après tous  ces reproches. Mais bien sûr elle reviendra comme nous le laisse présumer la  fin… Ce dénouement  tout  en nuances et en  subtilité  ressemble  terriblement à une sonate  de Chopin.  Le spectateur se  sent alors, dans l'incertitude ou plutôt…  dans l'espoir. À lui de  choisir… 

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