Le chemin de Normétal

21 novembre 2009 0h35 · Céline Lenoir

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Retrouver Jeanne, fut pour moi, un bonheur.Cette femme généreuse et sensible que nous découvrions dans La neuvaine, le premier fim de la trilogie de Bernard Émond, s'en va en Abitibi, remplacer un médecin de famille sur le point de se retirer.En route vers Normétal, ancienne ville minière  en décadence, le médecin pratiquant depuis  toujours à Montréal ignore le terrible impact de cette situation sur le tissu social. Elle découvrira très rapidement combien là-bas , les  gens survivent dificilement à ce mode de vie.

Ce parcours qu'entreprend le médecin de La neuvaine, est peut-être être moins long que le chemin de Saint-Jacques mais tout aussi exigeant. Jeanne est bien consciente qu'elle s'engagera bientôt dans quelque chose de très impliquant.  Partie à la recherche de sa vérité comme tant d'autres humaiins,elle emprunte cette voie pour la trouver.

En suivant le chemin de Normétal, Jeanne marche vers ses semblables. Le contact humain plus chaleureux, l'absence d'anonymat et la simplicité des rapports favorisent cette ouverture aux autres, bien davantage que dans les grandes métropoles.  Ces autres nous aidant toujours à mieux nous connaître. 

 Est-il nécessaire de souligner la qualité exceptionnelle des interprètes quand on sait l'importance que le réalisateur accorde à ses comédiens et à leurs jeux ? 

Bien sur,ce film n'a pas pour but de rendre justice à beauté de la nature abitibienne. Le contexte calme de Normétal et le dépouillement des lieux correspondent parfaitement à ce que recherche Jeanne dans son désir de se retrouver, après  avoir  vécu des événements bouleversants . Il s'agit d'une vision réaliste mais très parcellaire de cette région méconnue, un contexte particulier, tout à fait approprié au sujet du film. Car qui connaît bien ce coin du Québec,ne peut  oublier ses couchers de soleil magnifiques,été comme hiver,ses multiples couleurs saisonnières, s'apparentant au fauvisme, sa pléiade de lacs  scintillant sous le soleil,ses aurores boréales, et ses nuits étoilées comme nulle part au Québec….   

Le tryptique des vertus théologales de Bernard Émond est maintenant complété mais j'aimerais avoir la possibilité d'en élargir l'éventail, d'y ajouter d'autres vertus afin que ce réalisateur au coeur si tendre et  à l'immense  talent, crée une multitude d'autres films.

 

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