24 mai 2010 7h43 · Claude Perrier
Ce qui rapproche les uns éloigne les autres… Avec la fulgurante accélération des modes de transmission de messages, depuis l'arrivée de l'imprimerie jusqu'au mini-bidule portatif personnel relié en tout temps à des millions de récepteurs à l'échelle de la planète, et éventuellement bien au delà, la distance qui se mesure en kilomètres s'est aujourd'hui évanouie.
Le sommet de l'Éverest ou le fin fond de la Patagonie, c'est encore plus proche que la porte à côté. Un petit clic avec un seul doigt et vous y êtes.
Par contre, les avancées technologiques de plus en plus rapides ont pour conséquence d'accroître la distance entre les petits cyborgs et les vieux dinosaures. Tombés dans la marmite dès la naissance, les cyborgs ont pour seconde nature d'être immédiatement à l'aise avec tout développement technologique qui se présente tandis que, à l'inverse, les dinosaures y perdent le peu de latin qu'il leur restait encore…
Ce qui rapproche les uns éloigne les autres, donc. Un fossé générationnel se creuse un peu plus profondément à chaque jour qui passe.
Mais une question me… comment dire… me tracasse malgré tout un brin. De la même manière que les dinosaures du moment font dans l'illettrisme technologique, les cyborgs actuels se métamorphoseront-ils à leur tour en reptiles fossiles avec les années? Ce qui serait dans la logique même des choses, après tout. De nouveaux cyborgs du futur devraient en effet les laisser facilement bien loin derrière eux dans la brume, encore accrochés à leurs (complètement désuets) twitters et autres gadgets sous-performants de ce début de XXIe siècle…
Parce que c'est ainsi que vont les choses depuis toujours.
Enfin, quelques mots sur un grand visionnaire, un grand théoricien de la communication, soit le canadien Marshall McLuhan (1911-1980). Dès les années 1960, celui-ci parlait de village global, une bonne trentaine d'années avant que l'internet ne commence à se développer et à rejoindre tout le monde. Et puis, il a en 1964 lancé son aphorisme très connu à l'effet que the medium is the message (le message, c'est le media).
Si vous êtes un peu curieux, allez donc fouiner un petit moment sur le web et voyez ce que cela signifie vraiment. Vous serez vraisemblement de l'avis que Marshall McLuhan avait absolument raison – et cela même à l'égard de ce qui n'existait pas encore de son vivant. Un très perspicace et fin observateur de l'évolution du monde, ce théoricien de la communication.