11 avril 2010 5h28 · Claude Perrier
L'athéisme est un concept boiteux, absurde. Personne ne saurait véritablement être athée. Agnostique, soit non-croyant relativement aux nombreux dogmes religieux qui obscurcissent depuis toujours l'air ambiant, soit. L'agnosticisme s'apparente au scepticisme, plus raisonnablement que l'athéisme qui pour sa part rejette tout en bloc.
Et si le concept d'athéisme ne tient pas la route, c'est tout simplement parce que toute chose ayant une cause, une raison ayant conduit à sa manifestation, il ne peut raisonnablement en être différemment en ce qui concerne cet Univers dans lequel nous vivons. Que nous n'y comprenions goutte ne change rien à l'affaire. Il y a un mystère à notre existence ainsi qu'à tout ce qui nous entoure. C'est indéniable.
Une puissance au delà de notre compréhension est responsable du Temps, sans début ou fin imaginables, et de l'Espace, également sans frontières possibles – du moins tels que perçus dans le cadre de notre entendement cartésien de la réalité.
Nous vivons – à l'évidence – dans un monde inexplicable, surgi d'on ne sait où ni quand, sans limites spatiotemporelles concevables. Et l'on se prétendrait malgré tout athée, niant ainsi l'inévitabilité d'une cause à l'origine du mystère insondable au milieu duquel nous baignons?
Ce mystère, cette totale incompréhension à l'égard du Temps, de l'Espace, de l'Univers et de la Vie a ouvert toutes grandes les portes aux invasions religieuses. C'est ainsi que des manipulateurs, ou des naïfs, ou des illuminés, ou des profiteurs, ou des endoctrinés et beaucoup d'autres encore, ont institué depuis des millénaires des religions assorties des dogmes les plus divers. Et cette nécessaire cause à l'origine de tout ce qui existe est devenue Dieu. Un Dieu à qui on a ensuite prêté des intentions précises, provenant de révélations que celui-ci aurait faites à une succession d'illuminés qualifiés de prophètes. Un Dieu dont les intentions diffèrent toutefois largement selon les religions…
À ce que je comprends et observe, l'athéisme s'avère principalement le rejet des bêtises véhiculées par les religions, de leurs dogmes sans fondements et de tout le bataclan de rites et observances qu'elles imposent – sous peine de damnation éternelle – à leurs fidèles. Mais, ce faisant, l'athéisme va un pas trop loin. Parce que, en bout de ligne, le mystère ambiant demeure. Même si Dieu n'a rien à voir avec les fabulations et les prêchi-prêcha des divers cultes, cela n'évacue pas pour autant la nécessité qu'il y ait une cause à tout.
En conséquence, à un concept d'athéisme boiteux, je préfère et choisis le seul qui reflète une position sensée relativement au brouillard impénétrable qui nous englobe notre vie durant: l'irréligiosité.
Vous soulevez les grandes questions pour les petits humains que nous sommes, monsieur Perret! En ce petit matin…
Voici ce que dit le petit Robert (ce petit humain plein de mots) pour les mots religion et athée:
Religion: « Reconnaissance par l’être humain d’un pouvoir ou d’un principe supérieur de qui dépend sa destinée et à qui obéissance et respect sont dus; attitude intellectuelle et morale qui résulte de cette croyance, en conformité avec un modèle social, et qui peut constituer une règle de vie. »
Athée: « Personne qui ne croit pas en Dieu, nie l’existence de toute divinité. »
Le problème, selon ma petite opinion, en est un d’extrapolation. Nous construisons des images à partir d’un nombre de points très (trop) limité Dieu merci! (cf. Bézier).
Le religieux s’imagine un Dieu en homme qui sait tout, voit tout…, ainsi de suite pour tous les verbes auxquels nous pouvons ajouter « tout »… (en plus un homme! Entre nous, une femme aurait plus de chance…). Je regrette, mais quand l’homme s’imagine « Dieu » en homme, c’est qu’il se prend pour un autre… Se battre pour un tel Dieu est pure démence.
L’athée, pour sa part, croit qu’il ne croit en rien. Déjà, mathématiquement il se trompe. Mais la définition dit seulement qu’il ne croit pas en Dieu, de plus elle ne dit pas lequel, et nous assumons qu’elle parle du Dieu de la religion qui, elle, parle seulement d’un pouvoir ou d’un principe supérieur.
C.Q.F.D.
Pour ce qui est de la manipulation (ou de l’hypnotisation) des foules, il faut regarder les choses d’une manière un peu plus « terre à terre ».
Mille excuses monsieur Perrier… de vous avoir rebaptisé, sans permis, monsieur Perret! D’où ai-je inventé ce nom? Nom de Dieu!!!!?
)))
Merci bien pour votre commentaire, Monsieur Giroux.
Pour ce qui est des définitions provenant du dictionnaire, si intéressantes soient-elles, elles n’en sont pas moins assez vagues et plutôt limitées. Bien davantage peut être dit sur les concepts de « religion » et de « athée ». Ce dont vous conviendrez certainement.
Pour ma part, je n’ai livré avec mon commentaire intitulé « Irréligiosité » – quel mot imprononçable, tout de même… – qu’une opinion sur la non-pertinence des religions, sur leur manque total de crédibilité pour peu qu’on les regarde de près.
Et puis, je voulais surtout dire que l’athéisme est une absurdité, une impossibilité. Personne ne peut se dire crédiblement athée. Pour la simple et bonne raison qu’il y a un mystère incontestable à tout ce qui nous entoure. Appelons ce mystère « Dieu », si cela en fait une appellation commode.
Mais ne prêtons surtout pas d’intentions précises à ce « Dieu ». Et n’allons pas davantage nous fier à des tas de religions pas plus au courant de ce qui en retourne que nous. Ne soyons pas bêtement crédules.
Enfin, à nouveau merci pour vous être intéressé à mes propos, cher Monsieur Giroux.
Entièrement d’accord avec vous!
Par contre, pour moi, le dictionnaire est la bible du sens précis. Mais nous savons que la langue évolue et que le sens des mots glisse dans le sens de l’emploi fait par la majorité des usagers censée être sensés…