La fin des haricots?

27 février 2010 10h52 · Claude Perrier

Personne ne profite de l'inexcusable tort, occasionné à la société québécoise dans son ensemble, résultant du derby de démolition mené par quelques illuminés responsables des programmes scolaires.  Pas de gagnants ici.  Que des perdants.

Ou, si l'on tient absolument à différencier comment s'en tirent les uns et les autres suite à cet immense gâchis comme le dit Normand Baillargeon, nuançons ce pas de gagnants en écrivant alors qu'il y en a possiblement qui sont un peu moins perdants que d'autres – mais tout de même perdants.  Les plus nantis?  Peut-être bien.

Tous ont donc subi un recul et, conséquemment, c'est le Québec en entier qui a fait des pas vers l'arrière.  Et cela au moment même où il aurait plutôt fallu multiplier les grandes enjambées vers l'avant, pour peu que l'on désire maintenir notre niveau de vie et préserver de la sorte nos acquis dans un contexte mondial devenu impitoyablement concurrentiel.

Espérons que les incapables et nuisances publiques ayant sévi au ministère de l'Éducation ont enfin été mis sur une voie de garage ou, mieux encore, assignés à résidence.  Et aussi qu'on les aura remplacé par des visionnaires compétents, comprenant parfaitement de quoi devrait être constitué un programme scolaire approprié.

Sans quoi, ce sera très bientôt la fin des haricots pour nous tous…

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    Jean-Serge Baribeau 28 février 2010 · 16h26

    Monsieur Perrier, vous avez profondément raison lorsque vous affirmez que TOUS sortiront perdants dans le cadre d’une «dégradation» du système scolaire.

    Je prétends toutefois qu’il y a là une sorte de logique structurelle et institutionnelle qui fait que les dominants et les «nantis» ne réalisent pas toujours qu’ils vont perdre eux aussi (moins que les «défavorisés») si l’école se ratatine et ratatine les jeunes.

    En fait de nombreux «employeurs» (gros et petits) ont peur d’embaucher des jeunes qui sont bien armés en ce qui concerne le sens critique et les nombreuses connaissances acquises. On fait un très mauvais calcul en favorisant LES COMPÉTENCES plutôt que LES CONNAISSANCES. Mais le problème avec la culture et le sens critique, c’est que cela ne permet pas d’embaucher des employés soumis et dociles, ce qui est le rêve de nombreux employeurs, pas nécessairement majoritaires.

    Il importe de noter aussi que de nombreux employeurs ont réalisé que des employés cultivés et critiques peuvent apporter beaucoup à leur entreprise. Ce sont des employés souvent plus innovateurs et plus dynamiques.

    Il y a, dans tout cela, une profonde contradiction structurelle et institutionnelle qui fait en sorte que le débat sur l’école est d’une infinie complexité.

    Mais la logique actuelle est celle du rapetissement. Nous devrons tous en payer le prix, lequel, n’en doutons pas, sera très élevé.

    JSB

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    Claude Perrier 28 février 2010 · 17h24

    Merci bien pour ce commentaire éclairé, Monsieur Baribeau.

    Vous écrivez notamment (qu’en raison de la dégradation de notre système scolaire) « Nous devrons tous en payer le prix ».

    Devrons? Nous avons déjà commencé à payer, je crois…

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    Jean-Serge Baribeau 1 mars 2010 · 09h02

    Vous avez bien raison, Monsieur Perrier. Nous avons déjà commencé à payer le prix de l’incompétence et de l’ignorance!

    JSB

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    Michèle Bourgon 2 mars 2010 · 12h24

    Dans La Presse, la semaine dernière, Daphnée Dion-VIens présentait un rapport sur le taux d’échec hallucinant à l’examen d’entrée en français à l’université d’étudiants se dirigieant en éducation. Pas de réactions sauf Ah ben…

    Eille ! 75% des étudiants de Rimouski ont échoué ce test ! On nous y annonce aussi qu’on ne peut pas trop les retarder parce qu’on va manquer de nouveaux professeurs. Ainsi, ces professeurs incompétents dans leur propre langue vont aller semer la bonne nouvelle. Belle mentalité!

    Personne ne se rend compte qu’on va droit dans le mur ou qu’on y est déjà ? !

    Youhouuuuuuuuuuuuuuuuuuuu!

    C’est inconcevable, incroyable et affolant! Non, la technologie ne pourra pas pallier à ces carences très graves. Reste-t-il des haricots ?

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