5 janvier 2010 6h52 · Claude Perrier
Ah les sondages! Voilà bien un sujet débordant de questions et demandant par conséquent réponses… Et un sujet avec lequel je suis devenu assez familier depuis ces 3-4 dernières années puisque que je fais partie de plusieurs panels de discussion en ligne, comme les sondeurs se plaisent à appeler ces consommateurs ayant accepté de répondre à des sondages leur étant régulièrement envoyés par courriel. Souvent plusieurs fois par semaine.
Et pourquoi donc ai-je voulu consacrer de la sorte beaucoup de temps à indiquer mes préférences ou habitudes d'achat à des stratèges marketing? Mais pour la même raison que ces stratèges veulent savoir ce que je pense: moi aussi, je veux savoir ce qui est à se tramer dans les coulisses des entreprises, quels nouveaux produits se pointent le nez à l'horizon, et comprendre selon les questions posées ce que les entreprises elles-mêmes cherchent à accomplir et comment elles considèrent les consommateurs. Un peu une analogie avec le cas de l'arroseur arrosé, si vous voulez…
Mais je dois vous dire que je suis très souvent déçu par la qualité des sondages que l'on m'envoie. Trop souvent, les choix de réponses possibles sont limités et ne permettent pas aux membres des panels de donner l'heure juste. Et, comme on ne peut sauter une question mal posée pour aller à la suivante (le sondage refusant d'avancer à moins d'obtenir une réponse parmi les choix proposés), il faut alors opter pour une réponse ne correspondant pas à notre véritable opinion ou abandonner là ce sondage boiteux.
Or, des sondages mal foutus, il y en a à profusion. Et c'est sur la base des données ainsi recueillies que les entreprises vont ensuite établir leurs stratégies de marketing ou encore déterminer quels nouveaux produits elles vont mettre en marché? J'ose sincèrement espérer que ce ne soit pas le cas!
Enfin, et ça c'est vraiment une aberration à mon avis, le meilleur moyen de se priver d'un bon échantillonnage de consommateurs, il y a tous ces sondages beaucoup trop longs. Moi, je veux bien donner mon avis si l'exercice ne me demande que quelques minutes. De cinq à dix, par exemple. À l'occasion quinze. Mais lorsque le sondage précise dès le départ que sa durée sera de vingt-cinq ou de trente minutes, alors là, c'est non merci.
Je n'ai pas tout ce temps à consacrer à cette activité. J'ai autre chose à faire dans ma journée. Comme la plupart des gens, je présume. Et à trop vouloir de la sorte accaparer notre temps, les sondeurs se retrouvent alors vraisemblablement avec un échantillonnage qui est représentatif d'une seule chose: l'opinion de ceux et celles parmi les consommateurs qui n'ont rien d'autre à faire de leurs journées… Et un échantillonnage probablement très restreint, de surcroît. Ces sondages beaucoup trop longs devraient être découpés en petites tranches de cinq à sept minutes, et envoyés en bouchées digestes sur une période de quelques jours. Ce qui résulterait alors en une bien meilleure représentativité.
En conclusion? En participant à divers sondages, j'ai un accès privilégié à ce qui se prépare relativement aux produits et services qui seront mis en marché. Mais, par contre, avec l'approche souvent déficiente des sondeurs (choix de réponses trop limitatifs, sondages trop longs, questions et/ou réponses parfois incompréhensibles, et ainsi de suite), je doute très fortement de l'utilité de nombre de sondages pour ce qui est de déterminer la véritable opinion des consommateurs.
On voudrait connaître nos goûts, mais on s'y prend souvent bien maladroitement. Avec des résultats qui ne peuvent alors que s'avérer fort douteux.