19 juin 2008 7h31 · Claude Perrier
Ce que dit constater la soi-disant célèbre Naomi Klein (vous en avez déjà entendu parler avant, vous?), pour ensuite le dénoncer, pourra sans doute en inciter certains à pousser les hauts cris. Ici et là, on s'indignera et on se demandera, formidablement offusqué parfois, où le monde s'en va. Alors, où s'en va-t-il donc, aujourd'hui, le monde? N'en déplaise à ceux ou celles qui pensent à présent déceler une tendance nouvelle j'estime, pour ma part, que le monde n'a aucunement changé de direction. De tous temps, on a toujours utilisé les "moyens du bord" pour parvenir aux mêmes fins.
Rien n'est plus efficace que de tabler sur les désastres, que ceux-ci soient réels ou anticipés, voire même tout simplement imaginés, pour apporter créance à une solution préconisée pouvant venir efficacement et sûrement à bout du problème. Depuis des millénaires, cela toujours été l'approche retenue par les religions et les chefs d'état. Les gens ont bien plus peur de finir en Enfer qu'ils n'ont envie d'aller au Paradis. Quant aux possibles connivences entre les Pouvoirs et leurs cliques de petits amis, faudrait être assez naïfs pour voir là une révélation de la part de madame Klein. Comme on dit en anglais: Scratch my back and I'll scratch yours…
Ces banales évidences rappelées, cette brique apparemment pleine de lapalissades pourra peut-être contribuer à réveiller certains endormis pas encore au fait de certaines réalités fondamentales de l'existence. Tant mieux. Mais ce qui aurait été beaucoup plus utile aurait été, il me semble, un livre ou même une simple plaquette avec, au lieu de redondances, des solutions plutôt que des dénonciations pour néophytes.
Je ne crois pas que les gens ont peur d’aller en enfer, je crois plutôt qu’ils pensent qu’ils y sont déjà !
Ce que je comprends de votre « Scratch my back, I’ll scratch yours » et du lien avec ce que vous écrivez précédemment c’est que Naomie Klein prétend gratter nos ignorances et que vous vous offrez à gratter sa naïveté. Est-ce bien cela ?
Le titre de son ouvrage suggère que la misère rapporte à certains. A-t-elle défendu cette thèse ? L’a-t-elle illustrée ? Il aurait été intéressant que vous vous prononciez sur cette question.
(Merci bien, Mme Bélanger, pour votre commentaire)
L’expression « Scratch my back and I’ll scratch yours » réfère à la connivence de notoriété publique, quoique réfutée par les parties impliquées, entre notamment deux entreprises mentionnées par madame Klein, soit Blackwater et Halliburton d’une part, et l’administration américaine d’autre part, dont la famille Bush (depuis l’époque du grand-père de l’actuel président!) et également le vice-président Dick Cheney.
De fabuleux contrats ont ainsi été accordés aux « petits amis » du régime. Appelons cela comme on voudra, néocapitalisme ou autrement, cela sent le népotisme à plein nez. Quant à la thèse défendue par madame Klein, il me semble que cela en soit une qui ratisse large, ce qui inclut bien sûr l’idée que « le malheur des uns fait le bonheur des autres ».
Mais, à mon avis, tout cela n’a rien de nouveau. Le monde a toujours fonctionné de la sorte. Les gens au pouvoir, peu importe le type de pouvoir, se tiennent entre eux et se renvoient fidèlement l’ascenseur. Et la brique de Naomi Klein ne nous apprend rien de nouveau à cet égard.
Decidement , on entend toujours les mêmes remarques à propos d’un livre( un pavé de 600 pages de prime abord insurmontable et qui s’ouvre sur l’horreur) qui rassemble un tas d’informations esparses et qui semblent disjointes.
Quand Danielle Mitterand écrivit qu’au moment le plus sombre de la guerre en 1942 , des banquiers se réunissaient pour déterminer le partage futur des richesses du monde, (c’est à dire que certaines personnes savaient déjà avec certitude que l’Allemagne serait vaincue) il y eut quatre douzaines de Perier pour dire « rien de nouveau sous le soleil » . Il s’agissait d’une information inouie et il se trouvait toujours un conformiste au possible , chantre du privé pour dire que c’était du banal et du déjà lu inutile, sans impact sur le monde réel.
En France, au lieu de rien de nouveau sous le soleil , on a entendu surtout : « d’accord ça c’est l’ultra liberalisme , mais nous n’avons rien à voir avec çà » et d’embrayer tout de suite sur les avantages des assurances privées , la privatisation de l’eau , l’externalisation de services assurés auparavant par le public , l’armée et oui monsieur Perrier, et surtout l’épouvantable dette de la secu que les acteurs privés surtout anglo saxon vont nous concocter aux petits oignons.
Vive la concurence surtout quand on est se situe du côté du manche .
Ou Monsieur Perrier n’a pas lu ou c’est un jocrisse.
Qu’il lise et il saura bientöt ce que lui réserve le système , à la condition qu’il ait encore la velléité de s’opposer à l’hecatombe sociale qui sévit partout, qui ne semble pas le préoccuper beaucoup, sinon à esperer décrocher une quelconque timbale. Quoique qu’avec la mafia internationale (FMI e OMC) la timbale n’est même pas fournie pour faire la quête.
Ce livre offre une grille incomparable pour analyser des évènements récents qui paraissent complètement étrangers les uns aux autres…..
Alors il faut laisser de côté les phrases toutes faites … Et trouver des arguments aussi clairs que ceux de Klein
Ou alors il faut se taire .
(Merci bien, M. Fabre Alain, pour votre commentaire)
Grand bien vous fasse, monsieur, si cette brique de madame Klein vous a appris que de tous temps le monde est plein de magouilles, que les cliques au pouvoir font constamment dans la connivence et le népotisme. Un tel livre mettant des points sur les « i » s’avérait apparemment tout indiqué pour vous.
Cela dit, il serait fort présomptueux de penser que j’approuve personnellement que le monde fonctionne de la sorte. Bien au contraire, je le déplore. Ce qui ne m’empêche pas de constater, toutefois, que depuis toujours, c’est ainsi que les choses ici bas se passent – et se passeront probablement toujours. Alors, rien de nouveau sous le soleil.
Ca ne doit pas être drôle de vous lever le matin avec une vision aussi cynique du monde. Est-ce un regard hautain que vous avez sur les gens ou la vie ? ou tout simplement un sentiment d’impuissance ?
Vous pouvez utiliser vos connaissances pour, au moins, tenter de faire évoluer la société, d’y contribuer.
Depuis vos échanges de juin dernier, avez-vous remarqué ce qui est en train de passer au Canada, pensez-vous réellement qu’on doit rester assis sous prétexte que l’histoire se répète. Harper nous prépare un héritage « à la Bush ». Ce n’est pas le temps d’être cynique. Contribuez donc à la société au lieu de travailler à éteindre les rares initiatives visant à changer les choses.
Bonne journée