Politologie en vase clos

17 février 2008 8h57 · Claude Perrier

Plus déconnectés de la réalité que semblent l'être les politologues Alain Gagnon et Raffaele Iacovino, cela doit être assez rare.  Ce que ces messieurs avancent en effet comme solution pour le Canada a plutôt des allures de recette infaillible pour précipiter, plus rapidement encore, au fond du précipice le convoi canadien qui longe ce gouffre depuis des décennies déjà.  Et là où leur raisonnement dérape fondamentalement, entraînant de la sorte le train en entier, c'est en voulant placer la "multinationalité" avant la territorialité.

Que je sache, un pays et en l'occurence ici le Canada, c'est d'abord et avant tout un territoire.  Un endroit que des individus habitent, qu'il s'agisse d'autochtones ou de gens venus d'ailleurs.  Sur ce territoire, tous partagent le beau temps comme le mauvais temps, l'air pur comme la pollution, les ressources comme les pénuries.  Chacun se doit d'y être égal en droit tout autant que tenu aux mêmes responsabilités.

Mais cela ne paraît pas être l'avis de monsieur Gagnon qui dit: Le fédéralisme territorial, qui traite tout le monde de façon identique sur un même territoire, n'est plus un projet valable pour l'avenir.  Pourtant, n'est-ce pas justement cette idée de ne pas traiter tout le monde de façon identique, avec des passe-droit pour certains, qui irrite tellement par les temps qui courent?  Le kirpan à l'école, par exemple?  Le turban au port ou dans la police?  Le voile au bureau de vote?  Sur un même territoire, tous se doivent d'être traités également.

Enfin, dans cette insipide bouillie que nous servent les deux politologues, on mentionne la reconnaissance du Québec comme nation, avec une perception favorable de la chose.  La belle affaire!  D'ailleurs, qui reconnaît-on au juste ici?  Et à l'exclusion de qui?  Plus encore, en quoi cette reconnaissance floue et davantage problématique qu'autre chose saurait-elle favoriser l'avenir du Canada?  Sans le moindre doute possible, continuer sur la lancée de messieurs Gagnon et Iacovino, qui ont apparemment élaboré leur vision portes et fenêtres fermées, en vase clos, c'est aller tout droit vers la désintégration d'un territoire dont la devise – qu'on pourra alors lire dans les livres d'histoire futurs – aura été A mari usque ad mare.

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