2 août 2012 20h59 · Le Cinégraphe
Est-il possible d’imaginer une histoire alternative du cinéma d’horreur canadien qui remonterait aux années 1940? Un histoire qui rivaliserait avec les productions de grandes compagnies comme Hammer Films ou encore avec le cinéma de série B lorsqu’il atteint son apogée aux États-Unis ou en Italie durant les années 1970?
La réponse est oui, du moins virtuellement, puisque c’est à travers une exposition d’affiches de films qui n’ont jamais été tournés que les amateurs de cinéma de genre sont conviés à découvrir le monde parallèle de l’horreur canadienne.
Cette exposition inédite intitulée « If they came from within : An Alternative History of Canadian Horror movies » était présentée à la Cinémathèque québécoise du 20 au 29 juillet en collaboration avec le festival Fantasia.
Les amateurs de « Canuck Horror » auront sans doute remarqué que le titre de l’événement fait allusion à Shivers (aka They came from within, 1975), le premier long métrage de David Cronenberg tourné justement à Montréal. Le choix de ce patronage est particulièrement significatif, sachant que le réalisateur torontois est sans doute le premier canadien à avoir à la fois exporté du cinéma d’horreur et y avoir laissé durablement sa marque.
« If they came from within » a été conçue par Dave Alexander, rédacteur en chef du magazine torontois Rue Morgue et spécialiste de la culture de l’horreur. Proposant plus d’une vingtaine d’affiches de films imaginaires accompagnées de faux synopsis, cette exposition rassemble les contributions de plusieurs artisans du milieu du cinéma d’horreur canadien (graphistes, illustrateurs, scénaristes et cinéastes).
Les personnalités ayant participé à ce projet offrent un panorama très représentatif des productions de « Canuck Horror » depuis les années 1980 : Jason Eisener (Hobo with a Shotgun, 2011), Vincenzo Natali (Cube, 1997, Splice, 2009), Maurice Devereaux (End of the Line, 2006), Bruce McDonald (Hardcore Logo, 1996), Lee Demarbre (Smash Cut, 2009), Éric Tessier (5150, rue des Ormes, 2009), Karim Hussain (La Belle bête, 2006 ; directeur photo d’Antiviral de Brandon Cronenberg, 2012), Astron-6 (compagnie de production basée à Winnipeg et rassemblant cinq réalisateurs : Adam Brooks, Jeremy Gillespie, Matt Kennedy, Conor Sweeney et Steven Kostanski (Father’s Day, 2011), Rodrigo Gudiño (The Facts in the Case of Mister Hollow, 2008 ; fondateur de la revue Rue Morgue), George Mihalka (My Bloody Valentine, 1981), Brett Kelly (My Dead Girlfriend, 2006), Donna Davis (Nightmare Factory, 2011) et Dave Alexander lui-même (également réalisateur de courts-métrages).
Les affiches ont été réalisées par près d’une vingtaine d’artistes : Beeforeo, Rupert Bottenberg, Angus Byers, Donald Caron, Jason Edmiston, Justin Erickson, Vince Marcone, Mathew Marigold, Richard Patmore, Martin Plante, Ghoulish Gary Pullin, Paige Reynolds, Éric Robillard, Mathieu Verreault, Mark Unterberger, whatisadam et James White. Et la musique présentée durant le parcours a été composée par le guitariste montréalais Conrad Simon.
Les visiteurs pouvaient admirer des affiches parodiques de films version « canuck » comme Vampire Cavemen (1967), The Wildman of Mount Logan (1978), Tundrasaure (1962), Emanuelle, Eh? (1977), Red White and Blue Sunshine (1980), La Cabane à sang, Farm of Frankenstein (1975), La Boîte du diable (1977), The Mummy Speaks! (1946), Killer Crustaceans, Le Bonhomme Sept-heures ou… La Mort du Canada, film qui sera en salle dès 2028. D’autres villes canadiennes devraient présenter l’exposition dans un délai plus raisonnable!