15 octobre 2010 14h43 · Charly Bouchara
Les 14, 15 et 16 octobre 2010… et c'est bien dommage que leur rentrée montréalaise n'ait pas eu plus d'échos, parce que j'en sors et c'était superbe. Les trois comparses gagnent en assurance et en virtuosité après une série de spectacles ici et en France. Ils poursuivent dans la veine d'une musique que je qualifierais de ''naturelle'', comme dans ''alimentation naturelle'' ! Une musique qui fleure bon le terroir tout en allant faire le plein d'épices dans deux ou trois autres coins de la planète.
Après les Blues Brothers, aurions-nous les Trad Brothers? Ils en avaient l'allure, entéka, dans une des premières chansons de la 1re partie. Et dignes émules de Bori, Jean-François Dumas et Luzio Altobelli n'ont pas hésité à retirer leurs chaussures…. Parlant de chaussures, les trois artistes ont chacun deux bottes secrètes dont ils se servent allègrement puisque la podorythmie et la tape de pieds occupent toujours autant de place.Ce qui me plait chez Bon Débarras depuis leurs premiers concerts dans ce bistro de l'av. du Parc dont le nom m'échappe, c'est leur façon d'installer des atmosphères en n'hésitant pas à faire durer les morceaux. Plusieurs des instrumentaux et des chansons d'hier faisaient plus de 10 minutes… et c'est génial. Sur la durée, ils peuvent nous faire traverser des climats et des ryhtmiques différents tout en revenant toujours à la proposition de départ.
La turlute est toujours présente mais c'est une turlute qui va un peu plus loin qu'en musique trad ancienne et qui saute les frontières… puisqu'ils lui font même aborder le slam! Opération risquée mais réussie hier par Dominique Desrochers dans un long slam bien écrit, accompagné à l'accordéon, à la guimbarde et au cajon… ''swingue la fournaise dans le fond de la langue de bois''…ça ne vous met pas l'eau à l'oreille un truc pareil?
Bon Deb nous a présentés du nouveau ''matériel'', et ils peuvent en être satisfaits. ''Des racines et des ailes'' (c'est peut-être pas le titre) avec son refrain en italien va faire une grande chanson. La chanson de JF Dumas en hommage à son père était très touchante. Comme d'hab', le trio passe du zaricot à la balade folk, et du trad gigué à des influences tziganes et klezmer. Un commentaire très très personnel…donnez plus de volume et de place à l'accordéon…Luzio y fait des merveilles. JF Dumas manie de mieux en mieux son banjo et sa voix, et Desrochers est toujours plus surprenant dans ses épisodes de ''claquette extrême'' qui séduisent l'auditoire.Un mot sur la théâtralité dans leur spectacle qu'ils effleurent encore un peu plus… ils ont raison d'y aller lentement pour ne pas risquer des effets qui feraient ''plaqués''… une juste utilisation de la lumière, quelques accessoires, un brin de dramatisation, et le tour était joué. Un dernier truc, les gars : n'hésitez pas à nous faire chanter… le chantage, on adore… et si toute une salle est d'accord pour se lever et danser (ou s'efforcer, comme dans mon cas) un two-steps avec vous ou à hurler comme des loups… ne croyez-vous pas qu'elle se lancera facilement dans un grand ''voulez-vous faire turlututu'' collectif? Il reste deux soirs au Monument National (coin St-Laurent et René Lévesque) — ne les ratez pas!