19 avril 2012 22h48 · Bernard Wheeley
pièce qui a gagné en 2010 le prix du meilleur texte francophone sur le langage absurde (prix Chapters) au Festival St-Ambroise Fringe de Montréal est actuellement présentée, dans une mouture améliorée, par le théâtre des Tuyaux Humains à l’Espace 4001.
Charlotte et Suzanne sont deux sœurs jumelles identiques sauf que Suzanne (Julie Roussel), née quelques minutes avant Charlotte (Anne Trudel) a hérité de ce fait de beaucoup plus de matière grise (est plus « smatte») que sa sœur. Suite au décès prématuré et accidentel (vraiment ??) de leurs parents, Suzanne est devenue la tutrice, la gardienne, la geôlière de Charlotte qui ne peut mettre un pied hors de la maison familiale.
Suzanne, machiavélique à souhait, a concocté un stratagème pour recueillir la matière grise d’hommes barbus pour ensuite l’injecter dans le cerveau de sa niaiseuse de sœur Charlotte. Celle-ci est mise à contribution pour séduire les victimes potentielles, l’autre pour l’opération. La pièce débute après qu’elles aient relâché leur 212ième victime. Y en aura-t-il une 213ième? C’est sans compter sur l’intelligence d’Édouard (Pierre-Luc Léveillé), détective municipal, qu’on reconnaîtra toujours quel que soit son déguisement. Arrivera-t-il à stopper l’extraction de matière grise surtout dangereusement déguisé en barbu? Plus absurde que ça, on en perd la cervelle.
Le sujet est original. Un très bon premier texte d’Anne Trudel qui s’amuse avec les niveaux de langage, mêlant même un peu d’anglais, «he’s got a beautiful barb». Les trois comédiens utilisent très bien leur corps dans le style clownesque. Ils sont loufoques. À voir pour ceux et celles qui ont aimé les émissions «Le Cœur a ses raisons» et «La Petite »Vie». Qui a plus de matière grise ? Suzanne, Édouard ou Charlotte?