Sommes-nous heureux?

10 mars 2012 13h48 · Bernard Wheeley

À propos l'article Voir Leisure Society (The)

«Bien sûr !» de répondre Mary (Catherine de Sève), assise sur le divan en cuir du salon, collée sur son petit mari adoré Peter (Daniel Brochu). C’est ainsi que débute la pièce «The Leisure Society» (La Société des Loisirs) de François Archambault présentée jusqu’au 25 mars par l’Infinithéâtre au Bain St-Michel. Mary a tout pour être heureuse : le mari, la job, la maison, la piscine, l’enfant et même le piano qu’elle voulait avoir. Et pourtant, il y a quelque chose qui cloche. Le couple s’apprête à recevoir Mark (Howard Rosenstein) et son amie «particulière» Paula (Sheena Gazé-Deslandes). Mark ne le sait pas encore mais ce sera leur dernière rencontre, Peter devant lui annoncer qu’ils ne veulent plus le fréquenter. Mark est séparé et s’adonne au libertinage sur une haute échelle et son amie de 23 ans est  en réalité sa «fuck friend». Après que Mary lui eut annoncé leur décision, puisque Peter n’y arrivait pas, le couple insiste pour que Mark et Paula demeurent pour le souper afin de consommer cette rupture dans la compréhension et le respect mutuels. Consommer de l’alcool, particulièrement du vin, ils le font allègrement. Mary n’y est pas allée avec le dos de la cuillère. Plus son état d’ébriété avançait plus elle laissait tomber les masques laissant transparaître ses frustrations et ses pulsions sexuelles refoulées. Finalement, le chat ou la chatte est sorti du sac. Peter a toujours fantasmé à l’idée de faire un trip de cul à trois avec Mary et une autre femme. Paula est partante mais Peter n’est plus si sûr de lui. La suite des choses démontrera qu’il est un grand parleur et un petit faiseur et que Mary s’assumera.

La version anglophone est plus audacieuse que la version française vue lors de sa création. En effet, les personnages ne parlent pas de faire l’amour ou de baiser, « they want to fuck ».  Ce mot revient régulièrement dans la dernière partie de la pièce. La langue est directe et crue. On se rend même jusqu’à la nudité pour les comédiens masculins, nudité qui ne semble pas être totalement assumée par ceux-ci. Mais, soyons honnêtes, il n’y a rien de choquant  dans cette version. On frôle les limites du bon goût tout en ne les dépassant pas.

Catherine de Sève offre une performance remarquable d’une Mary hystérique, allant jusqu’à se frotter le bas du corps sur le piano. Son besoin est explicite et pressant. Toutefois, elle ne tombe jamais dans la vulgarité. Daniel Brochu incarne avec justesse le mari indécis, sans colonne vertébrale. Ce n’est pas lui qui mène dans le couple quoiqu’il en dise. Il est parfaitement crédible. La metteure en scène, Ellen David, a donné moins d’importance aux personnages de Mark et de Paula. Ces rôles sont bien habités par les deux comédiens. Mark (Howard Rosenstein )  se complaît dans sa délinquance et Paula, la séductrice et maîtresse de son corps,  est très bien incarnée  par (Sheena Gazé-Deslandes). Vincent Lefèvre, responsable des décors, a réussi le tour de force de faire oublier la piscine. Seules les parois de celle-ci rappellent le lieu. Le décor est moderne. Le mobilier ultra chic démontre que le couple est à l’aise financièrement.  Il a même aménagé deux sorties côté cour et jardin.

À la fin de ce spectacle à voir, vous pourrez répondre vous-même ou pour vous-même à la question : «Sommes-nous heureux? »

Classé dans :  Scène
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Bernard Wheeley

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Je suis un passionné de théâtre. J'assiste à un miniimum 50 à 60 pièces de théâtre par année. J'ai fait du théâtre amateur. J'ai fait également du cinéma (court métrage) Ouvert aux échanges de points de vue par courriel. Voici mon adresse électronique: wheeleyb@colba.net. Prière de faire référence au Voir dans l'objet du couuriel.

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