3 novembre 2011 19h16 · Bernard Wheeley
À propos l'article Voir Quinze femmes
par leurs conditions économiques, par leurs conditions sociales, par le clergé, par leurs rapports oppressants avec la sexualité, telle est la galerie de personnages présentée dans «Belles Sœurs», pièce jouée à guichet fermé au Théâtre d’Aujourd’hui jusqu’au !er mai et enfin en tournée à travers le Québe, avant de jouer à Paris au Théâtre du Rond Point.. Des femmes prises dans la quotidienneté des travaux ménagers, «d’élevage» d’enfants, pis de devoirs à ccomplir avec leur mari, des femmes qui rêvent, malgré un horizon bouché, de ituations meilleures, de beau linge, de nouveaux meubles, d’avenir meilleur our leur fille.
Des femmes qui jugent, se alousent, s’envient, s’épient. Mais aussi des femmes qui s’entraident, s’amusent,«s’étrivent» pour adoucir les spérités de leurs vies plates. Toutes des femmes «pognées à gorge» ne faisant u’une quand le malheur frappe. Lise
Paquette (Édith Arvisais) doit ien sentir les 14 femmes derrière elle, lorsqu’elles chantent, avec elle, «je suis rentrée par la porte d’en arrière ais je vais donc sortir par la porte d’en avant».
La force de «Belles Sœurs » c’est de dévoiler 15 vies, 15 destins à partir es mots de Tremblaymagnifiés par a musique de Daniel Bélanger. Le mariages deux décuple l’émotion vécue par les personnages. Quand les belles œurs font une ode au bingo, le rythme est enlevant, endiablé. Quand Des-Neiges Verrette (Kathleen Fortin) chante en solo son mour pour son vendeur de brosses (Fuller) itinérant, la musique est douce et échirante à la fois. Chaque chanson fait mouche. Certaines distillent joie de vivre et bonne humeur, d’autres remplissent les yeux de larmes et le cœur de compassion. Les beaux frères, musiciens jouant « live » sur scène, sont discrètement cachés derrière le grillage de deux gigantesques haut-parleurs noirs, mais combien présents dans l’accompagnement des comédiennes.
René Richard Cyr, metteur en scène et librettiste, a affirmé que chacune des comédiennes était des premiers choix. Toutes sont remarquables chacune à leur façon. Certaines commeMarie-Thérèse Fortin (Germaine Lauzon), gagnante d’un million de timbres Gold Star,Guylaine Tremblay (Rose Ouimet), Maude Guérin (Pierrette Guérin) marquent par l’importance de leur rôle et la justesse de leur jeu. Mais les Dominique Quesnel (Thérèse Dubuc) brassant allègrement sa belle-mère de 83 ans Olivine Dubuc (l’impayable Janine Sutto), les Sylvie Ferlatte (Angéline Sauvé) regrettant d’être venue à la soirée, livrent des prestations importantes et remarquables.
La magie des Belles Sœurs résident dans la qualité du jeu des 15 comédiennes, la qualité de leur chant individuel et collectif, dans l’harmonie de la musique et du chant, dans l’équilibre du comique et du dramatique et dans une mise en scène sans défaut. René Richard Cyr connaît la partition de chacune de ses «belles sœurs» et les a dirigées comme un maître de scène. Il porte une vision globale tellement juste de la pièce que chacune de ses décisions : déplacements, costumes et décor contribuent à donner tout son sens à l’univers de Tremblaydans un théâtre musical.
Je suis sorti du Théâtre d’Aujourd’hui heureux, ébloui, content parce que je savais que je reverrais le show, mes billets étant achetés avant même d’avoir vu le spectacle. Je savais que ces femmes «pognées à gorge» étaient pour faire « leu chemin dans vie ».Elles s’en viennent chez vous, alors définitivement à voir, si on ne veut pas s’en vouloir…