23 octobre 2011 12h03 · Bernard Wheeley
À propos l'article Voir Coma Unplugged
Voilà la question existentielle à laquelle doit répondre Daniel Martin (Éloi ArchamBaudoin) avant de décider de revenir ou non à la Vie. Cette Vie qui a éclaté en morceaux, chacun reflétant une partie de lui-même, lors d’un accident ou d’une tentative de suicide. Le Théâtre Talisman a pris le pari de traiter du fond du texte à travers la psyché d’un homme qui a perdu ses repères puisqu’il est dans le coma. Contrairement à la version francophone de «Coma Unplugged » style une ligne-un punch, Zach Fraser a préféré mettre en scène le drame intérieur d’un homme qui cherche, comme dans un casse-tête, à rassembler les morceaux pour retrouver le portrait global de sa vie.
Ainsi, des personnages viendront le hanter, lui rendre des visites virtuelles et habiter son coma. Son ex-femme Marjorie (Glenda Braganza) lui rappellera ses responsabilités, Roger ( Donovan Reiter) –personnage loufoque qui allège les moments les plus tendus- lui évoquera des souvenirs d’enfance, Madeleine (Susan Glover) -sa mère- le traitera comme un enfant en lui apportant des victuailles dont ses fameux carrés aux dattes, un »Touareg (Chimwemwe Miller) mettra de la couleur dans ce cauchemar. Évidemment, tous ces visiteurs virtuels lui serviront ou non à répondre à sa fameuse question.
Je me dois de souligner l’ingéniosité de Lyne Paquette qui a créé un décor réaliste reflétant à la fois un appartement nouvellement aménagé dans un désordre total (boîtes non-déballées, papiers épars) représentant à la fois le fouillis dans la vie de Daniel et le désordre intérieur de celui-ci.
Je m’en voudrais de passer sous silence la superbe prestation D’Éloi ArchamBaudoin. Tous les autres comédiens sont excellents et soutiennent bien la performance d’Éloi.
Ayant vu les deux versions de « Coma Unplugged », je peux affirmer que celle-ci m’a davantage amené au cœur du drame. J’ai bien apprécié. On peut le dire sans crainte, « this show is not a failure ».