Postigo, le André-Philippe Gagnon du Théâtre.

13 février 2009 17h15 · Bernard Wheeley

À propos l'article Voir Ma femme, c'est moi

Comme dans «Le Mystère d'Irma Vep»,
Serge Postigo, dans la pièce «Ma
femme, c'est moi»
, présentée au Rideau Vert, revêt à un rythme rapide, la
peau de plusieurs personnages – le programme en fait une liste  de 35 à la page 15- un peu comme André-Philippe
Gagnon enfilait ses chanteurs et chanteuses dans «We are the World». Dans les
faits, il évoque, il esquisse, à gros traits, comme un caricaturiste, la
majorité de ceux-ci en exagérant une posture, un timbre de voix, un accent ou
en utilisant la jupe qu'il porte. De ces 35 personnages, deux ont plus de
consistance que l'ensemble. Postigo offre
une Charlotte von Mahlsdorf,
« cette femme née dans un corps d'homme », travesti et homosexuel,
bien vivante, bien féminine sans être efféminée ainsi  qu'un Doug
Wright
, auteur de la pièce, également homosexuel, fasciné par Charlotte. Doug développe une sorte d'obsession au
sujet de celle-ci, ce qui l'amènera à écrire cette pièce dans laquelle il se
met lui-même en scène. Le programme fait état d'une véritable histoire d'amour
entre Doug et Charlotte. À la fin de la pièce, seule une petite référence à une
lettre d'amour dans un dossier laisse poindre l'impression que quelqu'un aurait
aimé Charlotte.

 «Ma femme, c'est moi», c'est une sorte de biographie
racontée ou lue à haute voix où, le narrateur pour maintenir l'intérêt, change
de voix, de posture à chaque personnage. Le stratagème fonctionne pendant un
certain temps mais à la longue il s'émoustille. Raconter seul une vie, pendant
une heure et quarante minutes, aussi particulière soit-elle, est une entreprise
périlleuse. L'écouter l'est quasiment tout autant. Malheureusement, je dois l'avouer,
j'ai décroché à quelques reprises. Je me suis raccroché par respect pour le
comédien. On ne peut que saluer l'audace et reconnaître la virtuosité de Serge
Postigo.

 Il est vrai que le parcours de
Charlotte von Mahlsdorf, travesti, antiquaire, organisatrice de partouzes gais,
est très particulier. Il est d'autant plus intrigant puisqu'elle a survécu aux
régimes nazi et communiste. Quand même étonnant non? Mais peut-être moins
puisque des documents officiels allèguent qu'elle aurait collaboré avec les
deux régimes. Au temps des nazis, on faisait appel à son expertise pour identifier
les meubles de qualité confisqués aux juifs, moyennant rétribution à même le
butin. Elle aurait été aussi une espionne pour le compte de la Stasi avec les
communistes. Sa survie, quoique exceptionnelle, devient ainsi plus explicable.
Destin intéressant, intrigant mais pas captivant en ce qui me concerne. Tout l'aspect
psychologique d'être «femme dans un corps d'homme» a été évacué. Seule est
demeurée la trame historique. À ce niveau, j'éprouve une déception. Cette pièce
«Ma femme, c'est moi» aurait dû s'intituler « Le destin de Charlotte von
Malhsdorf, travesti».

 

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Je suis un passionné de théâtre. J'assiste à un miniimum 50 à 60 pièces de théâtre par année. J'ai fait du théâtre amateur. J'ai fait également du cinéma (court métrage) Ouvert aux échanges de points de vue par courriel. Voici mon adresse électronique: wheeleyb@colba.net. Prière de faire référence au Voir dans l'objet du couuriel.

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