5 février 2010 17h01 · Bernard Pottier
À propos l'article Voir Sept jours du talion (Les)
Le tourment, la violence et l'ambiguïté morale se retrouvent au coeur de ce suspense bien maîtrisé, capable également de donner, ici et là, des haut-le-coeur. Les différents articles déjà parus ont bien résumé l'intrigue: un père de famille entreprend une vengeance sadique suite au meurtre et au viol de sa petite fille. La mise en scène, dans les tons de gris et de bleu, ne nous épargne pas les nombreuses scènes de torture.
Ce qui rend supportable la violence dans ce film, c'est qu'elle se place toujours au service d'un récit policier fort cohérent. L'oeuvre, au final, m'est apparue supérieure au récent 5150 rue des Ormes. Par contre, une fois faite l'éloquente démonstration de l'humain qui s'abaisse bien vite au niveau de l'abjection, il reste bien peu de choses. Comme si la viande sur l'os venait d'être grugée.
C'est dans cette optique que je partage la conclusion de Mme Dumais. N'importe quel étudiant de psychologie connaît la cruauté féroce dont l'humain peut faire preuve. Le film, à cet égard, ne nous apprend rien. Ainsi, malgré l'intrigue bien ficelée, je ne me suis pas vraiment senti interpellé au niveau émotif. Peut-être aurais-je réagi différemment si j'avais côtoyé de près la pédophilie dans ma vie. En souhaitant bien sûr que cela ne se produise pas de sitôt, je demeure avec l'impression que "Les Sept jours du Tallion" est une forme de Allô-Police, avec fibres enrichies et emballage spécial.