Un paysage bien trop sombre

30 novembre 2009 14h09 · Bernard Pottier

À propos l'article Voir Maison face au Nord (Une)

Je vais certainement me souvenir de cette pièce, mais probablement pas pour les bonnes raison. C'est que j'ai rarement vu une représentation aussi négative, et aussi peu nuancée, du Québec contemporain. Les baby-boomers ne font que patauger au milieu d'un constat d'échec affligeant, tandis que la jeune génération n'en aurait que pour la finance, avec Vincent Lacroix comme seul modèle de réussite. Un discours manichéen qui ne résiste pas à l'analyse. Combien de jeunes ont parfois risqué des peines de prison pour s'opposer à la mondialisation tout azimuts prônée par leurs aînés?

Sur le plan de l'intrigue, la progression dramatique m'est apparue plutôt laborieuse. "Une maison face au nord", dans sa première partie, se limite à explorer des thèmes déjà abordés avec bien plus de vigueur par Gratien Gélinas (cf. "Hier les enfants dansaient" et évidemment "Bousille et les justes"). Les classiques de l'auteur des Fridolinades avaient-ils besoin d'une mise au jour? La réponse offerte par Jean-Rock Gaudreault ne m'a pas convaincu.

En fait, j'ai eu l'impression d'être invité à un cocktail "glamour", pour, au final, me retrouver en tête-à-tête avec un mononcle pisse-vinaigre.

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