16 novembre 2009 17h09 · Bernard Pottier
À propos l'article Voir Tehching Hsieh, Guido van der Werve - Survivre au temps
Je ne connaissais pas la fondation DHC avant de visiter l'exposition de Tehching Hsieh, mais ce que je peux dire c'est qu'ils sont vraiment sur une bonne lancée. L'artiste taïwanais, en plus de s'appuyer sur une démarche technique impeccable, nous offre beaucoup de matière à cogiter. Ses performances, la plupart étalées sur une durée d'un an, nous amènent aux confins de ce que l'humain peut endurer. Le paradoxe de l'extrême (ou de l'extrêmisme), nous dit Hsieh, c'est sa régularité. Ainsi, celui-ci a-t-il "punché" une horloge à la manière d'un travailleur en usine, tout en documentant les changements physiques sur sa propre figure. Auparavant, en 1978-1979, il s'était construit une cage, telle une prison, sans autorisation de lire, sortir, écrire, etc… Et puis, comme il arrive souvent que des taulards se retrouvent sans abri, Hsieh écoulera l'année suivante à l'extérieur.
À l'approche des Fêtes, il est bon de se rappeler que la perte de dignité ne s'inscrit pas toujours dans une durée précise, ou dans une cause spécifique. Qu'elle devient tellement naturelle, pour certains, que ceux-ci n'ont à rien à cirer de la case sociale dans laquelle on aimerait les circonscrire.
Hsieh m'est apparu comme un précurseur: un précurseur de l'Action Terroriste Socialement Acceptable, si l'on peut dire.