26 février 2009 13h19 · Andrée Proulx
À propos l'article Voir Psychomaton (Le)
Je suis sortie déçue de la pièce Le Psychomaton. Le théâtre de création réserve toujours des surprises. Des bonnes, souvent, et parfois, de moins bonnes. Les attentes du spectateur qui fait le pari de la nouveauté sont inhérentes au plaisir de la découverte. Attiré par la primeur d’une parole inédite, d’un point de vue nouveau et d’une interprétation audacieuse sinon excellente, l’amateur de théâtre de création prend des risques comparé à l’abonné d’un théâtre institutionnel. Ses attentes ne sont pas toujours comblées; c’est le prix à payer. Un texte de commande passé par le groupe Ad hoc à Anne-Marie Olivier, et qui mériterait d'être retravaillé. Entendre ressasser pendant une heure trente des clichés éculés, des lieux communs redondants, sans lien dramatique, se rapproche davantage du théâtre d’amateur que d’une création digne de la réputation du Théâtre d’Aujourd’hui. Une interprétation sans relief, des situations évoquées de façon dispersée, presque jamais transposées. Un manque d’imagination décevant. J’aurais aimé être impressionné par un volet de la pièce. Je dois m’en tenir à la mise en scène inventive qui semble avoir aspiré toutes les énergies de la troupe. La proposition est pourtant séduisante. Le propos universel et contemporain. Le phénomène que représente la solitude dans un monde où les moyens de communication n’ont jamais été aussi présents et efficaces est un paradoxe à exploiter. L’idée d’un genre de confessionnal calqué sur le modèle du photomaton où défilent des personnages qui veulent soulager leur souffrance morale tombe à plat. Investie de bonnes intentions, le personnage idéaliste de Josée qui a eu cette idée compatissante et celui, bonasse, de Paulo qui l’assiste sombrent dans la niaiserie. Aucun sous-texte pour structurer une vision absente. Des confidences débitées sans nous toucher. Un ton parfois tragique, toujours au bord de la caricature. Même le découragement de Josée devant son échec ne parvient pas à créer une émotion sentie. Je ne sais pas si le public majoritairement adolescent a apprécié. J’étais accompagnée de ma fille qui, sans être une jeunesse, côtoie des adolescents. En entrant dans le lobby, elle m’avait fait la remarque que le public était bien jeune (ce qui n’est pas un défaut, au contraire). Le propos les a-t-il rejoints ? C’est sur cette question que nous avons quitté le théâtre.
Bonjour !
Je suis contributeur comme vous au Voir.ca. Si vous ne l’avez pas remarqué, vous faites partis de « mes favoris ». Je vous lis régulièrement. Je partage votre point de vue sur la pièce « Le Psychomaton ». Sous-jacent au sens de votre critique se trouve la question « Qu’est-ce qui a motivé de choix de Mme Fortin? ». Celle-ci, faut-il le rappeler, n’est pas seulement directrice artistique mais aussi co-directrice générale. À mon avis, ses choix sont motivés par le coût des productions. Les productions financées par le Théâtre d’Aujourd’hui- comme Bob cette année-, coûtent chers pour les ressources du Théâtre d’Aujourd’hui. Présenter une production du groupe Ad hoc ne coûtent pratiquement rien sauf la publicité. C’est un peu comme une location de salle. Personnellement, j’aimerais bien voir apparaître des productions du Théâtre de l’Opsis qui sont toujours de qualité. Ces productions ne coûteraient pas plus cher que celles du groupe Ad hoc. L’Opsis a joué longtemps à l’Espace Go. Cette année, la troupe se promène. Ce serait agréable de la voir jouer au TDA.
De plus, Mme Fortin aime bien nous présenter du théâtre et des comédiens de Québec. J’aimerais davantage cet échange culturel si le théâtre choisi était du calibre de « Lentement la beauté ». Je pense que cet échange est nécessaire parce que Montréal n’est pas le nombril du monde.
Le fait que les confidences des personnages ne nous aient jamais rejoints m’inquiète particulièrement.
Êtes-vous présentes le soir des discussions? Peut-être pourrons nous s’y saluer? Au plaisir de vous lire.
Bonjour Bernard Wheeley
Je prends connaissance de votre commentaire après un séjour au soleil.
J’avais en effet remarqué cette fleur que vous me faites de m’inscrire parmi vos «favoris». C’est toujours flatteur d’être ainsi choisie même si cela écorche ma modestie.
Vos remarques sur l’orientation des choix de madame Fortin sont pertinentes. Ce que j’attribuais à l’audace des choix de la directrice du Théâtre d’Aujourd’hui n’échappe sans doute pas, dans le contexte énomique actuel, à une rationalisation de la programmation. Les créations québécoises auxquelles se consacre le Théâtre d’Aujourd’hui sont peut-être plus hasardeuses. L’Espace Go auquel vous faites allusion présente un répertoire plus international. Un choix plus large.
Lorsque les personnages ne nous interpellent pas c’est souvent qu’ils ne sont pas suffisamment intériorisés pas les interprètes. Même Bob ne m’avait pas particulièrement touchée. Les personnages m’avaient même par moment agacée. Je crois que je n’irai plus au théâtre. C’est trop cher payer pour m’y ennuyer. C’est sans doute le lot des gens blasés. Mais je sais que ma curiosité prendra la dessus ;-
Je n’assiste pas aux soirées de discussion car je préfère les matinées. Je vous salue quand même virtuellement.