26 octobre 2007 16h56 · Andrée Proulx
En Occident, le doute s'est emparé de la plupart des croyants. Beaucoup se sont distancés de leurs anciennes croyances, d'autres se sont radicalisés. Un petit nombre, comme J-C Guillebaud ont retrouvé l'essence du christianisme qui ne se fonde pas sur des dogmes, des rites et des pratiques, mais sur la certitude «qu'aucune société humaine ne peut survivre sans une conviction minimale qui la maintienne debout. Nous voudrions bien croire encore, poursuit-ils dans son ouvrage précédent, La force de conviction. Mais à quoi ? Quelque chose paraît s'être détraqué dans notre capacité de conviction.»
Suffit-il de dénoncer les abus et les crimes commis au nom d'une religion instrumentalisée pour des causes qui n'ont rien à voir avec le message évangélique ? Ou ne faudrait-il pas remonter aux sources du christianisme, comme il le propose, afin d'y redécouvrir les fondements de l'égalité entre les hommes qui ouvrit la voie à la liberté et à la démocratie ? Aujourd'hui en péril.
En vidant de leur sens rites et croyances, nous sommes devenus des êtres légers, superficiels et sans gravité. Nous somme devenus l'envers de notre médaille. Cet espace que nous nous sommes octroyés serait devenu le fossoyeur de notre joie de vivre et de notre engagement.
S'abreuvant à une source tarie, nous avons oublié, comme nous le rappelle l'auteur, que «le message évangélique chrétien est un antidote coriace pour contrer le désarroi existentiel qui sévit dans les sociétés capitalistes occidentales». Comme l'énonçait Nietchez dans le Gai Savoir, nous avons «vidé la mer jusqu'à la dernière goutte». Pourquoi avons-nous fait cela ?
Nous n'avons pas su discerner les dérives des institutions et le poids des dogmes qui ont causé «la mort de dieu» des bienfaits de notre culture religieuse. Ces valeurs qui nous unissaient en tant que peuple resurgissent sous forme de nostalgie dans le débat sur les accommodements raisonnables.
Nous avons remplacé la conscience par l'émotion.