16 janvier 2005 18h24 · Andrée Proulx
À coups de millions$$$$$, l'industrie pharmaceutique possède les lobbies parmi les mieux organisés. Ceux qui exercent le plus de pressions auprès des gouvernements. Des firmes de consultants viennent à la rescousse des firmes de lobbyistes pour transmettre au personnel politique des données précises les aidant à rédiger les projets de loi. C'est donc l'industrie qui transmet l'information aux fonctionnaires pour orienter les décisions des divers comités .
Et qui donc s'occupe des intérêts et du bien-être du consommateur à part quelques organismes de contrôle et de vigilance au budget dérisoire par rapport aux à ceux des multinationales pharmaceutiques ? Pour le bien des actionnaire, les morts ne comptent pas. Cela s'appelle la «gestion du risque».
Entendons-nous bien, les scientifiques ont réalisé d'immenses progrès pour soulager les maux de toutes sortes et contrôler des maladies mortelles, et ils ont réussi, sans compter les progrès à venir. Mais force est de constater que les profits réalisés par les pharmaceutiques dépassent les résultats obtenus : selon les calculs de l'Institut Fraser (pas trop anti-patronal.) le coût des médicaments a augmenté de 1267% entre 1975 et 2000, comptant pour plus de 16% des dépenses de santé en 2004.
Les sommes qu'investissent les pharmaceutiques en R&D est un mythe. Une étude américaine révèle que ces compagnies consacrent plus de 40% de leurs dépenses à la pub et moins de 20% à la recherche. Toute proportion gardée, la puissance et les moyens des pharmaceutiques canadiennes ne sont aucunement mis au service des consommateurs mais au service des actionnaires.
Préconiser un mode de vie sain est certes une alternative à la maladie, mais ne l'enraye pas. Pour l'être souffrant, seul devant des géants aux appétits insatiables, qui protège le consommateur des objectifs commerciaux de l'industrie pharmaceutique que le gouvernement s'apprête à délester du principe de précaution ?