La rage en héritage

28 septembre 2010 12h05 · Andrée Landry

À propos l'article Voir À l'origine d'un cri

En visionnant À l'origine d'un cri, j'avais dans la tête cette phrase de la très belle chanson Seigneur de Kevin Parent : « Sortir ses vidanges et faire la paix avec quelques souffrances »… Kevin et Robin ont ceci en commun qu'ils ont une rage inexpliquée qui les habite et qui les rend si vulnérables malgré leur allure de bums. Un autre point en commun : tous les deux détestent jouer la « game » de la promotion de leurs oeuvres. Ni l'un ni l'autre n'est à l'aise dans ce passage obligé du sacro-saint showbiz.

Robin Aubert en a bouffé des kilomètres de pellicule avant d'étaler ses tripes dans ce film qu'on qualifie de coup-de-poing. Il avoue que c'est l'oeuvre la plus autobiographique de sa jeune carrière. Même le viol qui sert d'introduction au film, il l'a subi. Mais il affirme qu'il n'est pas pour autant une victime. C'est une blessure d'enfance, et elle fait partie de lui, de l'homme qu'il est aujourd'hui. Cette troublante histoire de son père qui perd les pédales à la mort de sa seconde épouse, c'est celle de son père. Le texte qu'il fait lire à son jeune héros, c'est le même texte qu'il a lu sur la tombe de son grand-père. Si on regarde et écoute bien, on n'a une idée de ce qu'a vécu ce jeune cinéaste.

À l'origine d'un cri est un film à voir. mais c'est surtout une partie du vécu de Robin Aubert, lui qu'on a connu et aimé dans Radio Enfer. Lui, le timide directeur technique de la radio scolaire. Bravo Robin Aubert !

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