Un post-partum d’homme

5 mars 2010 13h27 · Andrée Landry

Un homme doit être fort. Un homme ne doit pas pleurer. Un homme doit être fier de se reproduire. C'est ce qu'on veut nous faire croire. Mais Biz, ce gars de principes, ce Québécois pur jus qui nous râpe le oreilles avec son rap engagé, enragé, se révèle un gars fragile dans la paternitude. Quand tous tes pairs pères te serinent : « Tu vas tripper au boutte quand tu vas être père ! » et que tu ne tripes pas pantoute, tu pars à la dérive, tu déprime… Tu te demandes si tu n'es pas un monstre de ne pas connecter davantage avec ton rejeton, de le rejeter en quelque sorte.

 Avec sa façon de traiter les mots, ses amis de longue date, ce père à la dérive a le don de nous émouvoir. Sur son lit-radeau, il se sent seul au monde. Et pourtant, combien de femmes n'osent pas avouer, s'avouer, que la symbiose avec leur enfant ne fait pas partie du beau conte de fée qu'on leur radote dès le début de leur grossesse : « Ça va être le plus beau moment de ta vie ! » Si tu ne ressens pas cette extase, tu te crois insensible, indigne. Bienvenue à cette pléthore de livres, chroniques et blogues de mères qui se disent indignes. Ce n'est pas différent pour les pères ; les sentiments ne se commandent pas, ils viennent après, tout simplement. Biz nous avoue que le contact s'est fait quand son petit a commencé à parler. Les mots de son fiston l'ont apprivoisé et son amour paternel s'est enflammé.

Dérives est un touchant récit d'autofiction que les mères vont apprécié autant que les pères. À lire sur son lit-radeau.

 

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