4 novembre 2009 17h38 · fabre alain
Il me semble que l'artiste n'est pas de prime abord , quelqu'un d'engagé. Il reçoit des influences multiples , éducation , école , famille, amis , conjoint, conjointe …. On le reconnaît comme quelqu'un d'ultrasensible. Les medias representent souvent le thème de l'artiste medium de son temps , voire précurseur des mouvements, ( révolutionnaires?) qui vont jaillir au sein de société en état de décomposition avancée . La réalité est tout autre , Balzac s'échine pour vivre. Et les massacres de la Commune n'entraînent pas tellement de pitié, de la part de créateurs, somme toute peu concernés , peu ou pas ou peu de révoltes "artistiques".
Les impressionistes s'élèveront contre une certaine façon de "voir" le monde. Est ce un engagement ? Certains peignent la misère , tout en sachant que leurs representations seront critiquées , éreintées par les peintres traditionnalistes de l'art pompier.
Pour moi , Caravage est un exemple de peintre "engagé" . Il peint comme jamais avant lui. Il peint seul , de multiples toiles et ne laisse pas à ses élèves , "comme le fit le Titien par exemple" , le soin de les achever.
Caravage me semble très représentatif d'une peinture " révolutionnaire" au sens où ses contemporains , et l'histoire l'oublieront pendant 200 ans. Ses tableaux seront mêmes attribués a d'autres . Il faudra un critique d'art autrichien , et Longhi pour le sortir de son oubli et montrer que ce fut et c'est encore le plus grand peintre du monde , avant , bien avant Michel Ange qui préférait la sculpture , avant Vinci qui se perdit dans de multiples directions avant Velasquez qu'il inspirat , ou Latour qui le copiat et Rubens et Rambrandt et tous les autres qui le plagièrent sans le citer.
Son art représente la réalité . Sa vierge qui meurt dans un appartement misérable est une putain bien connue du quartier où il travaille. Le modèle fait scandale .
Ses modèles sont les misérables, les poivrots, les indigents, les voleurs , les joueurs, qu'il croise dans la rue.
En ce temps ou les papes peuvent avoir des héritiers qui deviendront eux mêmes papes ; ou les cardinaux entretiennent des troupes de donzelles , Caravage sent le soufre avec ses modèles de la rue .
Les français en visite à Rome, le trouveront nul, vulgaire , inquiétant, notamment Poussain.
On voit bien que l'artiste n'est pas révolutionnaire là où on l'attendrait. Il devient révolutionnaire dès qu'il touche à une réalité, que les élites , les seules qui peuvent s'interesser et acheter ses oeuvres, par ailleurs, s'y sentent ridicules , amoindries , rétrecies et , ramenées à leur juste dmension humaine.
Cependant l''artiste est souvent victime de son besoin impérieux d'être reconnu. Il a besoin d'être aimé. Il ira donc vers les médias qui offrent la possibilité de se faire connaître. Au besoin en sautant les étapes. Il a un tel besoin d'être entendu. C'est son talon d'Achille.
L'artiste doit se méfier du "politique" qui cherchera inévitablement à le transformer en mascotte. Il peut souvent n'être identifié qu'après sa mort , et reconnu par la bourgeoisie uniquement comme un "placement" financier interessant ( Van Gogh) . En persistant par trop dans des choix incompris , il peut tout simplement, crever de faim. Et passer à la trappe pendant des decennies .
Les "Demoiselles d'Avignon" ne sont pas un grand tableau.
De même que les représentations artistiques qui mettent en oeuvre le "choc" obligatoire, le ressenti , l'emotion , les larmes, qui emm… de plus en plus le monde , comme certaines aventures peoples personnelles qui devraient le rester . Andy Warol est à l'origine d'un mouvement qui a fait passer pour génial le fait de ch… dans une boîte d'allumettes, pour emm… les petits bourgeois et "surprendre" à chaque seconde, sauf qu'aujourd'hui rien ne vaut plus rien ; et que l'actualité dépasse souvent les "innovations artistiques" en matière de communication.. Et que par ailleurs, la bourgeoisie s'en moque , puisqu'elle achète avant tout un placement, car elle a suffisament de problèmes avec ses héritiers et la gestion du patrimoine.
Dali fut un précurseur de ce courant, il a produit tout d'abord des peintures magnifiques et puis il a senti le vent, Davidadollar a ouvert la boîte de Pandore . Et tout le monde a applaudi , et applaudit encore en parlant dans un argot incompréhensible, devant des toiles ridicules .
Aujourd'hui l'artiste trop souvent se ridiculise , le peintre notamment. Iil écrase , peinturlure , badigeonne, se met à nu .
Il est aux antipodes de celui qui s' engage" , en représentant la réalité de ce monde . Beauté et laideur incluses. En essayant d'y incorporer les possibilités de son temps .