Toutes ses solitudes et les nôtres aussi…

8 mars 2013 16h16 · Alain Fortaich

Marie-Christine Lemieux Couture est une auteure qui ne m’évoquait rien.  En fait, elle m’était inconnue.  Et, en quelque sorte, c’est bien.  Non pas que je ne la connaisse pas mais que son nom ne m’évoque rien, cela est bien tandis que la méconnaitre est plutôt dommage car elle est plutôt jolie et au final de la lecture de son roman, je dois avouer qu’elle a une intelligence littéraire remarquable, ce qui accroit mon intérêt pour cette auteure.  Donc, je m’égare et je disais que  je n’avais pas d’attente particulière lorsque j’ai ouvert la jaquette du roman  Toutes mes solitudes.  

J’étais, certes, intrigué par le langage franc et coloré du personnage principal dont j’avais lu quelques lignes à l’endos du livre.  Mais là, uppercut! après avoir lu deux, cinq puis quinze pages; l’univers singulier de sa narratrice intello m’a happé.  Page tournée puis retournée ou contournée et détournée, j’ai suivis cette blondasse Cri et son petit Couillon d’amoureux en route vers la conquête de l’ouest.  Traversant le pays, elle se révèle en nous dévoilant des personnages archétypaux : preacher, camionneur, poête, soldat, granola qui les prennent, son couillon et elle, en autostoppent.  Combien de son temps, elle dégaine et tire à tout vent celle qui s’embarque dans ce voyage dont elle n’a rien à faire parce qu’elle n’avait rien à faire.

S’inscrit donc une suite de portraits critiques contre ou pour le bilinguisme, le fédéralisme, le féminisme, la littérature, l’écologisme, le mercantilisme etc. bref, un tableau représentatif de notre société actuelle jaillit, tantôt acerbe, tantôt hilarant, une satyre sociale dont on se délecte, dont elle-même fait les frais: « Les écrivains sont des gens intrinsèquement douteux, voire frauduleux, pour ne pas dire des menteurs compulsifs, baratineurs agréés, fabricants de structures abstraite qui ne tiennent pas debout.  Il ne faut jamais, au grand jamais, croire un écrivain, surtout pas sur parole.« 

Marie-Christine Lemieux Couture est une auteure qui ne m’évoquait rien.  En fait, elle m’est méconnue.  Mais voilà, tout se dévoile à l’instant (1) au confin des mots incertains.  L’aventure a débuté en un incipit incisif.  Quelques chapîtres, trois cents pages puis, me voilà.  Aurai-je droit au chapître?  Je découvre son univers. « Mon vertige et moi, on est bouche bée, on s’est plus ou se mettre.  On se sent fascinés, attirés vers le bas. » 

En quelque sorte, c’est bien, ce retour sur terre, sur le plancher des vaches à écouter les vacheries à la commission Charbonneau, après avoir survolé, à bord d’un F-35, le plus beau pays du monde.  Cependant, j’aurai des attentes lors de la parution de son prochain roman, de celles que j’entretenais après avoir terminé ma lecture de Nikolski, de Nicolas Dickner.

1) http://voir.ca/marie-christine-lemieux-couture/

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