Le paradoxe des heures

16 novembre 2012 15h41 · Alain Fortaich

À propos l'article Voir Compagnie Flak, José Navas - Danse Danse

Il apparait sur la scène dénudée avec pour seul accessoire des lunettes.  Et comme instrument : son corps.  A-t-on besoin, par conséquent, d’un autre décor ?  Le corps se suffit à lui-même.  Pointe et ribambelle, mécanique des bras.  En fond sonore,  José Navas explique sa démarche.  Il nous faut alors lier le geste à sa parole.  Sa danse éthérée malgré la gravité dont il est empreint, nous imprègne durant les cinq minutes que dure ce prélude.

Levé du second rideau, à l’arrière-scène.  Un écran rectangulaire sur lequel se réfléchit l’éclairage qui me rappelle l’esthétique lumineux du spectacle de Marie Chouinard : Les trous du ciel (1).  Paradoxalement, tout est en contraste quoique cela se veut similaire dans Diptych, cette mouture chorégraphique de la Compagnie Flak.  La lumière surgit de l’obscurité comme l’aube dévierge la nuit soudain ensanglantée.  Les danseurs au juste-au-corps blanc, en collant noir.  Bach puis le néant sonore.

On peut danser n’importe quoi accompagné par Jean-Sébastien.  Il nous mène, avec sa musique, je ne sais trop où, dans quelle faille du temps.  N’importe quoi mais pas n’importe comment.  Dip tych, dip tik.  Tout est dans la mesure.  Le geste est vif.  Oui.  En duo ou bien regroupé, synchrone comme le balancier d’une horloge avec le bruissement de son coeur : tic tac.  Le lent mouvement du temps retient les gestes dans leur instantanéité.  S’incruste alors dans le regard comme sur une pellicule photographique.  Comme irréelle la danse se décrypte dans un bégaiement.  Indistinctement, tous parés de robes, les genres se confondent.   La danse, la danse; il n’y a que la danse et les danseurs qui ont perdu leur identité en devenant eux-mêmes la danse.  Le geste comme projeté, on suit son cours jusqu’à son extinction dans le silence.  L’oeil s’extasie et déverse un surplus de beauté.

http://article.wn.com/view/2006/02/28/Compagnie_Marie_Chouinard/

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  • rosamere 3 décembre 2012 · 09h48

    Toujours, cette délicatesse du mot, comme un chant, dans les heures sombres ou celles d’un nouveau jour…. Quel style !

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