Et Colette

2 octobre 2012 17h56 · Alain Fortaich

À propos l'article Voir Fais-moi mal

Le film.  Son réalisateur.  Mike Figgis.  Sa vision (1).  Il nous montre de la chorégraphie de Ann Van den Broek des images qui l’interpellent.   Ainsi, par ses plans rapprochés, ses images décentrées, ce double écran, ces corps caressés par la caméra,  il se dévoile.  Par conséquent,  il réécrit un peu l’oeuvre de la chorégraphe en la réinterprètant.

Toutefois, au préalable, The Co(te)lette.  Titre dont l’amalgame résume plus qu’on ne le pense.  D’abord l’identité humaine et fémine de surcroît : Colette.  Puis cette syllabe qui interfère dans le nom, qui nous contraint à le redéfinir; de l’ontologie humaine, on transmute vers l’archétypie commerciale :  si Pascal affirme que l’homme est un roseau pensant (penchant), sans ménagement, den Broek nous gifle en affirmant que la femme est une pièce de viande et convoitée comme telle!  Est-ce une redite de l’oeuvre de Jana Sterbak (2) ou bien un autre champ exploratoire?

La sensualité omniprésente de l’oeuvre transpire dans le film.  Le son des cuisses qui s’entrechoquent, le souffle haletant, le sein dévoilé, le regard qui enlace le sexe.  Le désir anticipé; le corps de l’autre réclamé afin d’assouvir le besoin.  Puis, heurts.  Images choquantes, dérangeantes.  Mon esprit, sa folle du logis, veut fuir la violence; ce corps convoité désormais parcheminé d’echymoses.  Le souffle, les sons, le désir en souffrance.  Et la foule, autour de la scène blanche, impassible voire intriguée.  Certains monteront dans l’arène.

Rien d’autre, ni marchandisation du corps ni représentation ou voire suggestion de l’exploitation féminine.  Élucubration de pseudo intellectuel.  Il n’y a rien d’autre que cela. Focus.  Que ça à voir.  Focus.  Que ce désir à comprendre.  Le désir, le déni de sa violence.  Focus.  Rien d’autre que le désir et sa violence : Éros dans son expression originelle.

Soudain, je songe au prochain Festival TransAmérique.  Je rêve et j’ose espérer que l’on nous offrira l’un des spectacles de cette chorégraphe flamande. Pourquoi pas une soirée jumelant O Vertigo avec La chambre blanche et l’oeuvre Q61 de den Broek ( http://vimeo.com/30187777 ) ? 

 1) Entrevue de Mike Figgis  http://www.youtube.com/watch?v=UpE1n2asru0

2)  http://www.histoiredelart.net/analyses/sterbak/sterback_manteau.html

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Alain Fortaich

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