Cabaret aux puces

24 septembre 2012 18h09 · Alain Fortaich

À propos l'article Voir Bricolages et démocratie

Ce groupe de Québec m’avait déjà conquis avant même la première note.  Juste avec ces décors de marchés aux puces, de magasins de bric-à-brac-adabra!  Des tables, des lampes, un lustre illustre, un landau, une machine à écrire convertie, une boîte à lunch; bref, par cette scène encombrée d’objets du quotidien transformés en instruments hétéroclites, remaniés donc à la mode ludique de LODHO, j’étais une proie facile puisque j’adore l’audace et l’inattendu.  Quoique j’avoue,  il est vrai, que ces musiciens ne m’étaient pas méconnus, ayant assisté à deux reprises à des représentations (et j’y retournerais d’ailleurs sans hésitation!) de l’un de leur spectacle antérieur : Joue à Tom Waits (1), icône du blues, siant parfaitement au genre exploratoire du groupe, à cet aspect underground et mal famé qui l’auréole.

L’Orchestre d’hommes orchestres s’orchestre ainsi : des cuivres, la percussion, les guitares, le violoncelle, le piano et les instruments inventés.  Puis les voix.  Multiples.  De femmes et d’hommes qui au fil des chansons se relais devant le micro.   Ainsi, a-t-on droit à des chansons en allemand, en anglais et en français.  Certes, alors que l’on s’attendrait à entendre des pièces plus populaires de Weill, la complainte de Mackie par exemple (2), d’autant que LODHO occupait la direction musicale lors de l’Opéra de Quat-sous au théâtre le Trident, nous avons droit à un répertoire intelligent qui nous fait voyager à travers la carrière prolifique du compositeur en nous offrant un échantillonnage musical divers : du ton cabaret (3) au ton plus rock.

L’esthétisme de certains numéros est indéniable.  Si l’un, grand et mince, fait penser à un personnage des Triplettes de Belleville, tout comme les membres féminins de la troupe, les New Cakle sisters (4), nous assistons à tout un tour de force des musiciens qui modifient leur apparence tout au long de ce Cabaret Brise-jour et autres manivelles: les rôles masculins et féminins s’intervertissant.  Il va s’en dire que le summum de cette théâtralité apparait lorsqu’une chanteuse,  prenant une apparence fantômatique, subjugue l’auditoire.

Bref, une soirée magique.  Par conséquent, faut-il s’étonner que les dirigeants de l’Usice C offre des supplémentaires cette semaine.  Faut propager la rumeur, semble-t-il.  Et ajouter que vous aurez droit à un rabais de 20% lorsque vous signalerez, à la responsable de la billetterie, que vous Aimer l’indiscipline.

1) http://www.youtube.com/watch?v=8nO90ZAZRmU&feature=relmfu ,

   http://www.youtube.com/watch?v=EXiFsY05OO4&feature=related

2) http://www.youtube.com/watch?v=uz1O-X8KvVU

3) http://www.youtube.com/watch?v=wzoGBJvoVSs

4) http://www.youtube.com/watch?v=STkJNrfK_Is

Classé dans :  Musique, Scène
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Alain Fortaich

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