Vestige des temps futurs : l’autre Griffintown

24 juillet 2012 22h47 · Alain Fortaich

À propos l'article Voir Il était une fois dans l'Ouest

‘m’étonnerait pas qu’avec Griffintown Marie Hélène Poitras se voit attribuer non pas un mais bien quelques prix littéraires; certes, à cause de sa plume mais aussi par sa vision renouvelée de Montréal.  Faire fi du plateau Mont-Royal de Tremblay et de son monde populaire, faire fi de Hochelaga et de ses prostituées à bas prix.  Non mais quel génie a visitée l’auteure qui nous fait découvrir un Montréal paradoxalement moderne malgré cette histoire aux accents de western ?

Dès l’incipit du roman : « Le jour se lève sur Griffintown après le temps de survivance,  les mois de neige et de dormance.«   on sait que l’on a à faire avec un écrivain; non pas quelqu’un qui assemble des mots pour créer des phrases mais bien un écrivain qui fait jaillir la musique du langage.  Et c’est bien ça qui distingue un escrivaillant et un écrivain : la musique.  Ce dernier, tel un démiurge, fait chanter la phrase au rythme de sa musique intérieure.  Nul n’est besoin de compter les pieds : entendez, sachez, savourez!

Je ne serais guère étonné qu’avec cette histoire dans laquelle le lecteur confond les temps passés au temps présent, des images de Steinbeck ou d’Hemmingway, de colère et de cochers, vraiment je serais étonné si Marie Hélène Poitras ne se voyait pas attribuer une distinction, entre autre, pour son audace littéraire.

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Alain Fortaich

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